Emmanuel Plane

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Micro-critiques

Un film qui se termine par « How do you say drugstore in French ? » est forcément un chef d’œuvre.

Au niveau de la convivialité, on est entre Bergman et Dreyer : autant dire qu’on est plus au pain noir qu’à la brioche.

« Notre Salut » comprend une référence explicite au « Conformiste » de Bertolucci, film qui traite également de la collaboration, mais malheureusement le premier n’a ni l’ampleur ni la perversité du second.

Il y a tout pour que ça me plaise – une restauration sublime, la présence de Pierre Baroux, la délicieuse Paulette Dubost, la caution de Francois Truffaut… – et pourtant La Dérive ne tient pas la route.

Ce film dépasse de très loin ce que je suis capable d’en durer au cinéma.

Un film qui se terminé par « Ah merde, j’ai encore oublié les soutiens-gorges pour ma femme » peut-il vraiment être un bon film ?

Le plus étonnant, dans cet film est-allemand en noir et blanc sur la Shoah, c’est que le héros est un sosie de Ryan Gosling.

Il n’y a pas un plan où Diane Keaton ne soit pas sublime. Et j’ai adoré la manière dont elle déclare sa flamme à Warren Beaty : « Je veux te voir sans pantalon ».

Il ne faut pas se fier au titre français du film, qui laisse penser qu’il s’agit une banale histoire d’adultère : alors qu’il s’agit d’une réussite à la hauteur d’un Capra, porté par des acteurs à leur zénith.

J’allais écrire : « la première grosse claque du Fema 2026 », mais ce n’est pas la plus grosse, c’est au contraire la plus douce.

C’est un peu le « Voyage en Italie » de Delvaux, avec Vittorio Gassman et Fanny Ardant au lieu de Georges Sanders et Ingrid Bergman.

Le bon vieux principe du film à sketches. Mais, malgré un thème commun, ils sont tous les trois sauvagement anecdotiques.

C’est un peu « Le Nom de la rose » en Andalousie au XIIeme siècle, avec des livres recopiés à la plume et transbahutés à dos d’âne pour échapper à la censure des fanatiques. Avec en prime des scènes chantées délicieuses.

Si, comme moi, ta définition de l’enfer est d’être enfermé dans une salle qui projette « Ceux qui m’aiment prendront le train », dis-toi que «Mariage au goût d’orange » est l’antichambre de l’enfer.

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