Youssef Chahine
Cinéaste, Cinéaste
Né en 1926 à Alexandrie (Égypte) et décédé en 2008 au Caire, Youssef Chahine est l’une des figures tutélaires du cinéma arabe et africain, et l’un des réalisateurs égyptiens les plus célèbres à l’international. Formé aux États-Unis, son cinéma est un foisonnement unique mêlant néoréalisme, mélodrame flamboyant, fresques historiques et comédies musicales. Profondément humaniste et engagé, son art s’est toujours dressé contre l’intolérance et la censure, tout en chantant son amour inconditionnel pour son pays, et particulièrement pour sa ville natale, Alexandrie.
« Chacun de mes films naît d’un événement personnel, d’un coup de gueule. Je m’insurge contre toute forme de censure et d’intolérance. Je suis né en 1926 à Alexandrie. J’ai grandi, entre deux guerres, dans une ville cosmopolite, laïque, où les musulmans vivaient en grande intelligence avec les chrétiens et les juifs. C’était l’exemple même d’une société platonicienne où toutes les communautés, les religions se côtoyaient sans heurts, s’acceptaient dans leurs différences. Qu’est devenu ce Moyen-Orient de paix, d’échanges, de tolérance et d’oecuménisme ? Le cinéaste que je suis ne peut rester indifférent aux problèmes qui l’entourent. Je refuse d’être un amuseur. Témoin de mon temps, mon devoir est d’interroger, de réfléchir, d’infirmer. » Youssef Chahine, dossier de presse du film Le Destin, 1997
« Une oeuvre généreuse, courageuse, combative, inventive, sans cesse inspirée par sa vie de cinéaste et de citoyen, nourrie du souvenir des films hollywoodiens de son enfance, en particulier les comédies musicales, ne reculant ni devant une reconstitution historique, ni devant l’évocation autobiographique. […] Pour tous les amoureux de cinéma, égyptien en particulier, Youssef Chahine est une figure incontournable, un nom indélébile, une voix qui s’élève et qu’on associe presque inconsciemment à l’Orient, au monde arabe, au tiers-monde. Il incarne un cinéma engagé, qui mêle divertissement et combat, et qui porte les nuances d’un caractère complexe, souvent mal compris, parfois mal aimé. Chahine dénonce l’impérialisme tout en aimant l’Occident, s’attaque à l’islamisme tout en défendant le monde musulman, s’oppose aux nationalisations de Nasser tout en tirant à boulet rouge sur l’Égypte oligarchique de Moubarak. Chahine est tout cela à la fois car il est, avant tout autre chose, un esprit libre. » Amal Guermazi, La Cinémathèque française, novembre 2018
Filmographie sélective Papa Amine Baba Amin (1950) – Le Fils du Nil Ibn al Nil (1951) – Le Grand Bouffon El Mohareg el kebyr (1952) – La Belle du train Saydat al ketaar (1952) – Femmes sans hommes Nisaa bila regal (1953) – Ciel d’enfer Siraa fil wadi (1954) – Le Démon du désert Shaytan al sahra (1954) – Les Eaux noires Siraa fil mina (1956) – C’est toi mon amour Anta habibi (1957) – Adieu à ton amour Wadda’tu hobbaka (1957) – Gare centrale Bab al hadid (1958) – Djamila l’Algérienne Djamila bouhired (1958) – À toi pour toujours Houbb îla al abad (1959) – Entre tes mains Bein idek (1960) – L’Appel des amants Nida al ouchchaq (1961) – Un homme dans ma vie Ragoul fi hayati (1961) – Saladin Al Nasser Salah Ad Din (1963) – L’Aube d’un jour nouveau Fagr yawm gadîd (1964) – Le Vendeur de bagues Biya el khawatim (1965) – Sables d’or Rimal min dhahab (1966) – Un jour, le Nil An Nil oual hayat (1968) – La Terre Al Ard (1969) – Le Choix Al Ikhtiyar (1970, Tanit d’or Carthage 1970) – Le Moineau El Asfour (1972) – Le Retour de l’enfant prodigue Awdat al ibn al dal (1976) – Alexandrie pourquoi ? Iskandariah, lih ? (1978, Ours d’argent Berlin 1979) – La Mémoire Hadduta misrija (1982) – Adieu Bonaparte Wadaan Bonabart (1985) – Le Sixième Jour Al Yawm al sadis (1986) – Alexandrie encore et toujours Iskandaria kaman wa kaman (1990) – Le Caire, raconté par Youssef Chahine Al Qahera menawara be ahlaha (1991) – L’Émigré Al Mohager (1994) – Le Destin Al Massir (1997) – L’Autre Al Akhar (1999) – Silence… on tourne Sokoot…Hansawwar (2001) – Alexandrie – New York Iskandariyah – New York (2004) – Le Chaos Hiya fawda (coréal. Khaled Youssef, 2007)
Films programmés au Fema
Ciel d’enfer
Les Eaux noires
C’est toi mon amour
Gare centrale
Le Retour de l’enfant prodigue
Alexandrie pourquoi ?
Adieu Bonaparte
Le Sixième jour
Alexandrie encore et toujours
Le Caire… raconté par Youssef Chahine
L’Émigré
Le Destin
L’Autre
- Ciel d’enfer (1954)
- Les Eaux noires (1956)
- C’est toi mon amour (1957)
- Gare centrale (1958)
- Le Retour de l’enfant prodigue (1976)
- Alexandrie pourquoi ? (1979)
- Adieu Bonaparte (1985)
- Le Sixième jour (1986)
- Alexandrie encore et toujours (1990)
- Le Caire… raconté par Youssef Chahine (1991)
- L’Émigré (1994)
- Le Destin (1997)
- L’Autre (1999)