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Nous allons glisser avec le personnage principal à la recherche de l’absolue relation amoureuse vers réaction mortifère à sa solitude . Peu à peu nous prenons conscience que sous ces aspects excentriques notre héros vie le drame de l’isolement social. Il lutte contre cette malédiction par un imaginaire qu’il projette sur la vie amoureuse qui l’entoure. Son extrême sensibilité nous le rend sympathique. A notre grand désarroi, il finit par rejeter l’opportunité que la vie lui a réservée pour sortir de cette impasse affective. Si nous projetons cette réalité sur notre époque, nous retrouverons le phénomène des « incels » pour involuntary celibates.
Sous la caméra de Nanni Moretti, nous ne pouvons résister à la beauté et la gentillesse de Laura Morante ce qui accentue notre détresse devant l’attitude de notre « héros ».
Lors de l’AVP de « L’inconnue », Arthur Harari nous a expliqué qu’il ne se préoccupait pas tellement du specteurice lorsqu’il travaillait à son film. Il nous a dit être a la recherche du « vrai », avec l’exemple d’une porte qui se ferme. J’espère qu’il aura vu NO GOOD MEN, car, pour trouver le vrai, nous avons l’exemple qu’il faut déjà avoir quelques choses à dire à son/sa spectateurice pour arriver à filmer du VRAI.
Ici c’est le cas, nous sommes plongés dés la première scène dans un monde que nous ignorons (dans les deux sens du terme : que nous ne connaissons pas et que nous ne souhaitons pas connaître). Nous sommes happé.es par cette réalité qu’il n’est pas possible de concevoir. Ici le cinéma joue à plein son rôle de lucarne sur un monde hors de nos repères, de nos expériences et même de notre imagination ! L’attachement à la personnage principale est immédiat.
La sobriété de la réalisation, l’incarnation des acteurices et le rythme réussissent à nous faire vivre et ressentir une part de réalité sur le mode la vérité. Si vous n’avez pas eu la chance de voir NO GOOD MEN ce matin, car la salle était pleine, alors courrez en février 2027 à sa sortie en salle.
Tout d’abord, il faut être patient.e et attendre 15 a 20 minutes que le drame se produise pour que le film commence véritablement. Alors nous retrouvons deux ingrédients des films noirs à suspense que Hitchcock a théorisé. Tout d’abord, le personnage principal innocent que tout accuse et qui doit prouver son innocence, puis le spectateur en sait plus que le héros et s’inquiète pour lui.
Le réalisateur ajoute deux piments supplémentaires : un criminel qui a autorité sur l’enquêteur et la femme du criminel qui joue un rôle primordial tout en étant la second victime féminine de son criminel de marie..
Cela donne un film psychologique comme ont les aime où par cercles concentriques, encore une fois comme chez Hitchcock, le héros se retrouve acculé.
Yves Montand est tout en retenue dans le rôle d’un amoureux que les circonstances dépassent, bien loin de ce que pourrait laisser à penser un titre aussi viriliste. Simone Signoret est d’une crédibilité absolue en particulier dans une scène magistral avec le héros, pratiquement a la fin du film.
Assez drôle de constater que dans ces années les placements produits étaient lister sur le générique de fin. Ainsi vous pourrez voir, entre autres, la marque de pâte annonce dans le supermarché et la marque de la cafetière du héro, si vous les aviez raté. Ce temps de la transparence est bien loin. Sinon avant le générique du début, nous avons eu le logo de Canal+ Compagny qui est vraiment partout… Que deviendrait le cinéma français sans notre ami Bolloré ?
La première question que l’on se pose à la vue d’une durée de 3h16 : est-ce vraiment nécessaire de faire si long ?
Ici c’est même l’un des sujets du film, le temps qui passe et qui finit par nous échapper. Ce film est habité par une autre obsession l’opposition intérieur-extérieur.
Le choix est de laisser la place aux dialogues qui prennent une tournure philosophique et anthropologique. Ces discussions changent sous nos yeux ses personnages qui partagent leur sens de la vie pour surmonter leurs épreuves respectives.
Le réalisateur a fait le choix de cadrages qui donnent, aux lieux où se déroule l’action, une place essentielle. Les mouvements de camera renforcent l’importance donnée à l’environnement ou se déroule les interactions entre les personnages. Ainsi, il réalise un travelling sur l’esplanade de la Bibliothèque François Mitterrand qui sublime les frondaisons du second plan. Et pour les plans fixes, il nous offre un sublime plan fixe au lever du jour sur une vallée au Japon. Ces deux exemples montrent une impressionnante maitrise de la mise en scène, car elles renforcent l’impact de l’échange entre ces deux personnages.
A sinon, ce film aussi a reçu le « soutien essentiel de Canal + » ce qui permet de comprendre que ce financeur aux mains de Bolloré impose aux producteurs cette formulation, pour bien nous faire comprendre que sans lui rien ne serait possible…
Le film commence parmi ceux et celles que la société ont laissé au bord du chemin et qu’elle ramasse comme du bétail pour emmener loin et leur donner un minimum de soins. Une humanité qui serre le coeur et nous interroge sur comment la vie peut nous plonger dans cet abîme. Nous aurons la réponse pour l’un des habitants du Pont-Neuf. Accrochez-vous, car ici c’est du vrai ce n’est pas un décor !
Et puis, peu à peu le miracle de l’amour prend forme entre deux être à la dérive et que ce pont va réunir. Et là tout est transfiguré, nous assistons à une apothéose qui fait pâlir la cérémonie d’ouverture des derniers Olympiques… Ces deux amants vont se rendre mutuellement merveilleux. Évidemment cela ne pouvait pas durer… Il est encore palpable ressentir pourquoi ce film a marqué son époque. Si quelques plans ont un côté kitch ce n’est rien devant l’avalanche d’idées et de scènes qui flirtent avec le cinéma expérimental. Nous sommes plongés dans une folie expressive qui est rarement égalée, ce qui n’empêche pas les plans d’une simplicité envoûtante.
D’ailleurs un réalisateur ne s’est pas gêner pour reprendre un plan tel quel dans un film qui a fait sa fortune, et qu’il emploie maintenant à faire des Avatars…
Un film où vous retrouverez tout le savoir d’un cinéma français qui semble bien loin. Tout d’abord une photo qui prend soin des ombres, un son qui restitue le timbre des acteurices, un cadre renforce les sensations du spectateurice, une mise en scène fluide qui se laisse oubliée. Quand aux acteurices, nous retrouvons le plaisir d’une composition probablement un peu date mais terriblement incarnée. Nous ressentons leur intériorité, leurs émotions, leurs intentions, leurs ambivalences, bref leur être… Peut-être une leçon pour le réalisateur de « L’inconnu » ?
S’agissait-il d’une version restaurée, quoi qu’il en soit nous avons assisté à la projection d’une copie neuvd. D’ailleurs le dernier plan nous a donné la différence.
Partant du postulat d’un dualisme Corps/Esprit le film cherche à nous faire ressentir l’étrangeté de l’être sans son corps d’origine. Pas de doute, l’auteur réussi son coup et nous embarque dans la quête puis la dépression de ses personnages victimes d’une transmigration. La première partie du film au allure d’enquête policière nous rapproche de ses personnages échoués dans le corps d’un/une autre. La seconde partie où il et elle perdent espoir d’un retour dans leur enveloppe originelle arrive difficilement à nous faire partager le désespoir qui les ronge. Ce changement de tension dramatique est frustrante et nous empêche d’adhérer à cette effondrement psychique. Pourquoi avoir abandonner la recherche de cette bernard l’hermite qui voyage de corps en corps. Quel est cet Être qui habitait ce corps d’Eva et qui nous restera inconnu. Sommes-nous toutes et tous en danger de croiser son chemin lorsque d’une fête ?
Si la mode est de réaliser un film sur l’époque de sa jeunesse et l’atmosphère familiale, nous sommes bien loin de l’ambiance de « Juste une illusion ». Ici tout est drame et perfidies. Le spectateur est ballotté au milieu d’une fête où les acteurs et actrices sont les figurant.es de l’histoire. L’unité de lieu et de temps sont brisés par des projections dans le futur qui viennent renforcer le destin funeste de famille.
Ne chercher pas votre salut dans la mis en scène ou la photo vous seriez dessus. Si vous avez des problèmes d’audition n’oubliez pas vos appareils, il est souvent difficile de comprendre les dialogues que les bruits d’ambiance et la musique viennent couvrir.
Au générique minimaliste vous pourrez constater que Christophe Honoré n’a pas signé la tribune contre l’entreprise de contrôle des Medias de Boloré : « avec la participation essentielle de Canal+ »…
Chaque fois c’est pareil…
Ce film fait un lien avec le cinéma naturaliste anglais. Nous y retrouvons la violence sociale de la fermeture des usines. L’amitié d’une équipe d’anciens collègues est le fil conducteur de l’histoire. La diversité de leur situation et de leur personnalité permettent au réalisateur d’aborder les différents conséquences sociales et psychologiques d’un avenir perdu. L’humour des situations et l’ironie des personnages évitent au film de glisser dans une chronique déprimante.