Pierre Prévert

Cinéaste, France

Jacques et Pierre, proches du mouvement surréaliste, affichent un sens inné de l’impertinence et de la satire. Complices et complémentaires, ils s’affirment en tandem comme les maîtres du cinéma burlesque avec L’Affaire est dans le sac et Voyage surprise. Ils animent de leur verve les folles réunions de la rue du Château et les terrasses de Saint-Germain-des-Prés, époustouflant leurs contemporains iconoclastes, de Breton à Picasso, en passant par éluard, Desnos, Miró ou Vian.

Pierre est de six ans le benjamin de Jacques Prévert. Il est le premier de la famille à travailler dans le cinéma comme projectionniste chez ERKA. On est alors dans les années 1925/1930 et les studios de cinéma de Joinville-le-Pont et de Saint-Maurice attirent tous ceux qui veulent se lancer dans la carrière.

Pierre Prévert va de petit boulot en petit boulot (figuration, assistant), jusqu’en 1928 où il tournera avec son frère Jacques et Marcel Duhamel (plus tard fondateur de la Série noire) Souvenir de Paris, film qui, modifié et enrichi d’images en couleurs, sortira en 1959 (avec un prix au festival de Cannes sous le titre de Paris la belle).

Pierre Prévert apprend son métier au contact de très grands metteurs en scène apparaissant éventuellement devant la caméra avec Allégret, Buñuel, Jean Renoir, Vigo…

En 1932, Pierre réalise L’affaire est dans le sac aux Studios Pathé-Natan à Joinville-le-Pont avec quelques scènes d’extérieurs, dont une sur le pont nommé depuis d’après le titre du film.

Par la suite, Pierre Prévert continuera à travailler comme assistant sur plusieurs films de Richard Pottier avant de réaliser en 1943 Adieu Léonard puis Voyage surprise (en 1946) sur des scénarios de son frère.

La réussite commerciale n’était pas au rendez-vous et certains analystes constatent que les films des frères Prévert sont ceux qui contiennent à l’état pur et sans autocensure l’esprit dévastateur de Jacques… Mais les moyens financiers manquent à Pierre pour suivre totalement son frère : « En France, nous n’avons pas beaucoup le sens du gag » constate-t-il. « Pour un film comique, il faudrait davantage de temps que pour un film dramatique. C’est terrible, car il est trop souvent méprisé du public qui a honte de rire. »

Dans les années 1950 Pierre Prévert sera le directeur artistique d’un cabaret rive gauche à Paris « La Fontaine des quatre Saisons » qui recevra Boris Vian, Maurice Béjart, Guy Bedos…

À partir des années 1960, Pierre Prévert tourne pour la télévision plusieurs films (longs ou courts) : Le Perroquet du fils Hoquet (1963), Le Petit Claus et le Grand Claus (1964, d’après le conte Petit Claus et Grand Claus de Hans Christian Andersen), La Maison du passeur (1965), À la Belle Étoile (1966) et Les Compagnons de Baal (1966-67)…

Pour France Culture il enregistra La Reine du Sabbat d’après Gaston Leroux.

En 1961, Pierre Prévert réalise un film intitulé Mon frère Jacques (disponible aujourd’hui en coffret DVD) qui est en quelque sorte une autobiographie du poète.

Pierre Prévert est décédé le 5 avril 1988 à Joinville-le-Pont où il est enterré.

Jacques et Pierre, proches du mouvement surréaliste, affichent un sens inné de l’impertinence et de la satire. Complices et complémentaires, ils s’affirment en tandem comme les maîtres du cinéma burlesque avec L’Affaire est dans le sac et Voyage surprise. Ils animent de leur verve les folles réunions de la rue du Château et les terrasses de Saint-Germain-des-Prés, époustouflant leurs contemporains iconoclastes, de Breton à Picasso, en passant par éluard, Desnos, Miró ou Vian.