Erich von Stroheim

Cinéaste, Etats-Unis

Derrière la palette de personnages victimes, auxquels Erich von Stroheim a habitué le cinéma français, se cache un cinéaste rejeté par le tout Hollywood pour son côté trop anticonformiste et intenable. Erich von Stroheim fut en effet un grand réalisateur du cinéma muet (des années 1920 – 1930), entraînant souvent avec lui un parfum de scandale pour avoir dépeint l’animalité tapie en chaque homme (certainement avec trop de brio). De cette période, Folies de femmes (1921) et Rapaces (1923 – 1925) sont considérés comme des oeuvres majeures.

En tant qu’acteur, les cinéastes américains vont utiliser Erich von Stroheim à tour de bras pour jouer l’éternel officier allemand, fort, cruel, sans âme. Il devient ainsi The man you love to hate (littéralement L’Homme qu’on aime détester).

Lorsqu’il arrive en France, Jean Renoir lui offre un rôle à mesure de son talent dans La Grande Illusion (1937). Il y incarne un lieutenant allemand, honnête et représentatif d’un monde en pleine évolution. Il se fait remarquer dans Macao, l’enfer du jeu (1939), puis commence à jouer des rôles d’hommes résignés comme dans Les Disparus de Saint Agil (1938), Derrière la façade et Menaces (1939), avant de devenir un collectionneur fou pour Pièges de Robert Siodmak (1939).

De retour aux États-Unis, il joue le Professeur Franz Mueller dans The Lady and the Monster de George Sherman (1944), l’adaptation de Donovan’s Brain, le roman de Cut Siodmak. Enfin, en 1947, il joue sous la direction d’Anthony Mann pour La cible vivante, avant d’interprèter Max von Mayerling dans le mythique Boulevard du crépuscule de Billy Wilder (1950).