Alexander Mackendrick

Cinéaste, Grande-Bretagne

Alexander Mackendrick est né à Boston, dans l’État du Massachusetts. À 6 ans, son père meurt emporté par la grippe « espagnole ». Sa mère, qui devait trouver du travail pour survivre, décide de devenir couturière. Elle céda la garde de son fils au grand-père qui vivait en Écosse. C’est ainsi qu’à l’âge de sept ans, Mackendrick revient sur la terre de ses aïeux. Il vit une enfance très solitaire et difficile. Après des études d’art, il part s’installer à Londres dans les années 30 pour travailler comme directeur artistique. Entre 1936 et 1938, Mackendrick est l’auteur du script de publicités cinématographiques. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il réalise des films de propagande pro-britannique. En 1942, il séjourne d’abord à Alger et en Italie, où il travaille avec la Division de la guerre psychologique. Il y tourne des documentaires, réalise des tracts et participe à des actualités radiophoniques. La paix revenue, il entre aux Studios Ealing, il y réalise son premier long métrage, Whisky à gogo (1949). Avec son second film, L’homme au complet blanc (1951), l’histoire d’un inventeur farfelu qui a mis au point un tissu inusable, il devient l’un des plus célèbres auteurs de l’école humoristique anglaise. Il y dirige Alec Guinness qu’il retrouve dans Tueurs de dames (1955). Il part ensuite pour les États-Unis et dépeint la presse à scandale corrompue dans Le grand chantage (1957) – un milieu qu’il connaît bien puisque sa première femme était journaliste. Les relations sont assez houleuses entre Mackendrick et les producteurs, car le côté perfectionnisme du réalisateur n’était pas sans agacer ces derniers. Après Le Grand ChantageMackendrick revient en Grande-Bretagne pour mettre en scène, en 1959, Au fil de l’épée, mais il est renvoyé après à peine un mois de tournage à cause des tensions avec les producteurs. Suit Mandy (1952), Sammy going south (1963), puis le film que beaucoup considèrent comme son chef-d’oeuvre : Cyclone à la Jamaïque (1964). Ce film d’aventures met en scène le face-à-face psychologique entre un pirate et des enfants. Après une ultime comédie, Comment réussir en amour sans se fatiguer (1967), il abandonne le poste pour être professeur. Selon Mackendrick « J’ai trouvé bien plus de satisfaction dans l’enseignement, pourquoi cela ? Eh bien simplement parce que j’ai découvert à Hollywood que, pour faire des films, il faut être un excellent négociateur… chose pour laquelle je n’ai aucun talent. » Il n’empêche que son œuvre, qui se résume à neuf titres, comporte cinq à six films inoubliables. Il continue d’exercer cette activité jusqu’à ce qu’une pneumonie lui soit fatale, en 1993.