Les Codes

Wojciech J. Has

35 mm — N et B — 84 min — 1966 — V.O. Sous-titres français

Titre original Szyfry Scénario Andrzej Kijowski d’après Son propre livre Prises de vue Mieczyslaw Jahoda Musique Krzysztof Penderecki Décors Jerzy Skarzynski Production Ensemble Kamera Interprétation

Jan Kreczmar (Tadeusz), Zbigniew Cybulski (Maciek), Irena Eichler (Zofia), Barbara Krafftowna (Jadwiga), Ignacy Gogolewski, Irena Horedka, Kazimierz Opalinski

Un homme d’un certain âge, grand, élégant, soigné qui ne détonnerait pas dans les rues de Paris ou de Londres, se promène dans Cracovie et s’y mêle à la foule des passants. Tadeusz retrouve après une longue absence une ville apparemment épargnée par la guerre, dont il se sent pourtant séparé par un mur invisible d’incompréhension. Cet homme est revenu en Pologne pour y chercher la trace de son fils cadet, disparu au cours des derniers mois de la guerre. Son fils ainé, Maciek — un héros de la Résistance — n’est plus qu’un fonctionnaire usé, nerveux, qui cherche l’oubli dans l’alcool. Il répugne à parler du passé et Tadeusz, qui a combattu avec les alliés en Afrique du Nord et en Italie, est déconcerté par ce mutisme qui lui paraît incompréhensible. Pourquoi Maciek est-il devenu cette énigme ? II appartient au spectateur de trouver la clé du personnage. Est-ce le prénom qu’il porte, tel le héros du célèbre film de Wajda « Cendres et diamant » sous les traits duquel Zbigniew Cybulski devint le symbole d’une génération tragiquement immolée. Tadeusz rencontre plusieurs personnes qui d’une façon ou d’une autre, ont été en contact avec son foyer, devenu pendant la guerre le centre d’une cellule de la Résistance, ces gens ont donc connu le jeune disparu. Ils en parlent avec réticence, leurs récits sont incomplets et souvent contradictoires. Zofia, la femme de Tadeusz, qui souffre de neurasthénie, se remémore obstinément une même scène du passé, feuillette des dessins où l’adolescent transposa des scènes de guerre dans un symbolisme dont le sens s’est perdu avec lui. Les rares indices ne mène nulle part. C’est la Gestapo qui arrêta l’adolescent, mais sous le couvert de l’uniforme détesté, n’était-ce pas les gens de la Résistance qui agissaient ? Craignaient-ils une trahison, rendaient-ils le garçon responsable de la mort d’un de leurs chefs ? On ne le saura jamais ; les vingt ans écoulés depuis la fin de la guerre s’avèrent un gouffre infranchissable. Tadeusz le comprend, il renonce à découvrir la vérité, décide cependant de rester en Pologne, à Cracovie. Zofia est malade, elle a besoin de lui. « Les Codes » est un film qui fait appel au spectateur et l’oblige à s’engager, un film qui renoue avec la grande tradition de « l’école polonaise » tout en la renouvelant.