Trevico – Turin, voyage au Fiat-Nam

Ettore Scola

16 mm. Noir et blanc. 1 h 30. 1972. Inédit.

Titre original Trevico - Torino, viaggio nel Fiat-Nam Scénario Ettore Scola et Diego Novelli. Images Claudio Cirillo. Montage Raimondo Crociani. Musique Benedetto Ghiglia. Production Unitetefilm Interprétation

Victoria Franzinetti, Paolo Turco

Le difficile chemin vers la prise de conscience d’un jeune immigré du Sud qui débarque à Turin, royaume de Fiat, avec un contrat en poche. La rencontre de ceux qui, comme lui, subissent l’exploitation, et de ceux qui, à l’usine ou en ville, militants syndicaux ou étudiants contestataires (comme Vicky, étudiante gauchiste à laquelle se lie le prolétaire méridional) luttent contre. De ce film d’après « L’automne chaud », produit hors des circuits commerciaux, et qu’il affectionne particulièrement, Scola dit : « L’idée de Trevico-Torino, je l’avais depuis longtemps, mais une nuit, je me suis mis devant mon magnétophone et j’y ai jeté en vrac le sujet. Un canevas, un repérage. Fortunato, le héros, part de Trevico qui est mon pays natal et d’où j’ai vu partir tant de garçons. Tout le reste,c’est la réalité : une domination fondée sur le labeur des hommes, sur le sang des ouvriers, des entreprises qui grossissent à vue d’oeil. Dans ce royaume, pas un logement, pas un service social, rien (…). Trevico-Torino est né à Turin, jour après jour : il s’agissait d’observer la condition des ouvriers immigrés du Sud. C’est un film sur le travail compris comme privilège réservé aux plus chanceux et comme tel accepté sans conditions, à des milliers de kilomètres du domicile d’origine. L’exploitation comme récompense (…). Voilà de quoi mon film veut parler. Fortunato n’est pas un héros, ni un révolutionnaire, ni un syndicaliste (…) : il arrive à Turin sans aucune conscience de classe, prêt à accepter avec gratitude tout ce qui est décidé pour lui, au-dessus de lui. Après une année d’exploitation, Fortunato a un mouvement de révolte, pour la première fois de sa vie. Même si c’est rapidement réprimé, c’est déjà Quelque chose, un début. Et c’est sur ce début que se termine le film. »