Propriété privée

Leslie Stevens

35 mm — N et B — 79 mn — 1960

Titre original Private Property Scénario Leslie Stevens Images Ted McCord Montage Jerry Young Production Stanley Kolber, pour Kana Productions/Citations Films Interprétation

Corey Allen (Duke), Warren Oates (Boots), Kate Manx (Ann Carlyle), Robert Wark (Joe Carlyle), Jerome Cowan (Ed Hogate)

Une femme seule des journées entières dans une villa isolée. Elle n’a apparemment rien à faire — bien qu’elle soit sans domestiques — qu’à attendre l’heure du dîner qui lui ramène son mari, un homme charmant, mais peu empressé à remplir ses devoirs conjugaux. Deux voyous passent par là. Ils rencontrent la dame. L’un des deux, un peu simple d’esprit, est également complexé sur le plan sexuel. Son ami promet de lui offrir la dame. Ils se cachent dans la maison voisine inoccupée, et commencent par jouer les voyeurs avant de pas-ser à l’offensive. Le premier des deux fait du charme et parvient en quarante-huit heures, à faire céder la fragile vertu de sa proie. Mais fidèle à sa promesse, il cède la place à son ami… Cette histoire s’achève dans le sang, la raison du premier voyou se révélant plus chancelante encore que celle du second.

Voici, en exclusivité, un témoignage sur le film dû à… Françoise Sagan ! Elle écrivait à l’époque de la sortie du film en France : « Propriété privée réussit le tour de force d’être plus violent et plus obsédé que n’importe quel film que j’aie pu voir. Je dis bien « obsédé » et non « érotique », car la naïveté des Américains à ce sujet est assez célè-bre, et la malheureuse héroïne de Propriété privée, vue de dos, d’en dessus ou d’en dessous, l’oeil trouble et la bouche ouverte, relève plus du strip-tease que de Laclos. Ce n’en est pas moins un très beau film, très bien fait et très envoûtant, malgré quelques niaiseries qui l’empêchent d’être un chef-d’oeuvre… C’est un film qui vous fige sur votre fauteuil, vous effraye et provoque par moments votre admiration. Ce n’est pas si courant. » Plus sévère et plus laconique, Claude-Marie Trémois décréta dans « Radio-Cinéma Télévision » : « Propriété privée n’est rien d’autre qu’un petit film de voyeurs assez sordide. »