Messidor

Alain Tanner

35 mm — couleurs — 120 mn — 1978

Scénario Alain Tanner Images Renato Berta Musique Arié Dzierlatka Son Pierre Gamet Montage Brigitte Sousselier Production Yves Gasser/Yves Peyrot (Citel Films)/SSR (Télévision Suisse)/Action Films et Gaumont (Paris) Lama d’Or (Grand Prix) du Festival de Lima (1980) Sortie Paris 14 mars 1979 Interprétation

Clémentine Amouroux (Jeanne Salève), Catherine Rétoré (Marie Cottençon)

Jeanne est étudiante, Marie vendeuse. C’est en faisant de l’auto-stop à quelques mètres l’une de l’autre sur le bord d’une même route qu’elles font connaissance lorsqu’un conducteur les prend à bord. Mais la conversation tourne à l’aigre et le vénérable bourgeois fait descendre les deux impertinentes en pleine campagne. L’envie leur prend alors de se balader plutôt que de poursuivre la route ; et, le soir venu, même si elles sont tout près du domicile de Marie, elles décident de dormir à la belle étoile. La journée du lendemain est encore plus belle : dans l’herbe, au bord d’une rivière. Le soir, il leur reste de l’argent, elles dorment à l’hôtel. Et les jours suivants, la vadrouille continue avec ses dangers — deux automobilistes essaient de violer Jeanne, Marie en assomme un avec une grosse pierre — et sa détermination de plus en plus grande de ne pas « rentrer sagement à la maison ». Bien-tôt elles n’ont plus d’argent, mais par contre déro-bent un revolver dans la boîte à gants d’un militaire ; il leur sert à impressionner les épicières et les paysans, dont elles utilisent l’étable pour dormir. Alors leur signalement est diffusé par la TV sous forme d’un jeu policier invitant la population à jouer les détectives. Heureusement Jeanne et Marie n’ont pas toujours besoin d’exhiber le revolver pour s’en tirer : elles rencontrent aussi souvent des jeunes qui, par solidarité ou parce qu’ils ne regardent pas la TV, les aident. Elles par-courent ainsi tout le pays, des hautes montagnes aux grandes villes, multipliant les rencontres et les petits larcins… elles ont tellement faim. Parfois aussi il y a des crises, de plus en plus nombreuses : elles manquent se séparer, se rabibochent, mais la lassitude s’implante de plus en plus. Un jour, dans un des multiples cafés où elles dévo-rent un petit déjeuner qu’elles ne paieront pas, elles croient qu’un homme les a reconnues et a téléphoné au commissariat ; elles l’abattent en entendant les policiers approcher. En fait c’est le tenancier de l’auberge qui les a dénoncées.