La Loi du clairon

Augusto Tretti

Italie — 35 mm. Noir et blanc. 1 h 15. 1960. Inédit. V.O. Traduction simultanée

Titre original La Legge della tromba Scénario Augusto Tretti. Images Carlo Pozzi. Musique Angelo Baccagnini et Engenia Tretti. Décor Joseph Bassani. Producteur Luigi Noncera pour Boto Films Interprétation

Mario Boto (le gardien, le général, M. Liborio, le savant de la fusée), Angelo Baccagnini (Celestino), Eugenia Tretti (Marta), Luciano Muzi, Luigi Belloni, Bassi Guido et Diego Peres

Les Mésaventures d’un pauvre bougre, Célestino, voleur malchanceux, employé abusé, fiancé trahi, émigré déçu et – pour finir – astronaute déchu… Personne (ou presque) n’a vu ce film fou, qui nous arrive d’une autre planète où l’on ne compose pas avec l’industrie cinématographique, ses pompes divistes et ses oeuvres spectaculaires. Tout est neuf encore, dans ce film burlesque tourné en 1960 « en réaction contre le cinéma normal » : les visages, les sons, la musique et l’image. L’invention comique et la liberté d’expression de ce « premier film » où l’amateurisme revendiqué opère une savoureuse mise en boîte des lieux communs cinématographiques, n’ont pas échappé à certains « maîtres ». Voyez plutôt : « La loi du clairon m’a beaucoup amusé. On m’objectera que le film rappelle Chaplin et Tati. Peut-être bien. Mais Tretti ne disposait ni de Chaplin ni de Tati, il ne disposait que de sa vieille cuisinière de 70 ans, et pourtant il a réussi à faire un film d’un haut niveau comique. Vous trouvez que c’est peu, dans un pays où le comique a presque toujours le ton de la farce dialectale ? » (Antonioni). Ou encore : « Je donne un conseil à tous mes amis producteurs : Attrapez Tretti, faites-lui signer tout de suite un contrat, et laissez-lui tourner tout ce qui lui passe par la tête. N’essayez surtout pas de lui faire retrouver la raison ; Tretti est le fou dont le cinéma italien a besoin. » (Federico Fellini)