Micro-critique de Leomsim
postée le 28.06.2026

Un portrait cru et à revers

Malgré le fait que Mari déclare au début du film qu’elle n’est pas une enfant, « jeux d’enfants » est bien un récit du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Leida Laius prend à revers le chemin classique du film d’orphelinat, en commençant par la fugue de Mari, pour ensuite rentrer dans le huis clos de l’établissement, peut-être moins hostile que l’extérieur. Étant donné le fait qu’elle soit toujours entourée de jeunes enfants, la mélancholie, détresse et tristesse de Mari n’est jamais tire larme ou tombant dans le pathos. Au contraire, elle évolue tout du long, à la fois mentalement mais aussi physiquement, avec comme point d’orgue une séquence à l’image jaunâtre des plus marquantes, seul moment où elle est réellement isolée. Laius signe ici un film à la réalisation remarquable, originale par les nombreux cadrages particuliers et notamment lors d’une séquence où deux personnages jouent ensemble, la caméra les suit, entre dans leur danse de manière chorégraphiée mais semblant improvisée, elle va à l’inverse des clichés sur ce genre de film et nous laisse apercevoir, sous fond de saxophone ou de guitare, tout son talent.