Return to the Edge of the World

Michael Powell

35 mm — N et B et couleurs — 100 mn — 1937-1978

Le film original est encadré par un prologue et un épilo-gue tournés sur l’île de Foula, 41 ans plus tard, avec les survivants de The Edge of the World, acteurs (John Laurie, Grant Sutherland), techniciens, collaborateurs divers (Sydney Streeter) et figuration locale. Production Poseidon Films Ltd/BBC Narrateurs John Laurie et Michael Powell

« La nouvelle version commence à Pinewood ; j’arrive dans ma Land-Rover, je me présente, je parle de ma carrière : j’ai décidé de faire du cinéma à seize ans, dix ans plus tad je fais mon premier film puis j’explique que les films de mes débuts ne sont pas très personnels. Par contre, j’ai toujours eu dans l’idée de faire The Edge of the World. Enfin j’ai trouvé quelqu’un pour financer le pro-jet. Pendant que je parle, on voit une carte qui situe l’île où se déroule le film. Je présente quelques membres de l’équipe d’il y a quarante ans et deux acteurs, dont celui qui tient le rôle principal. A l’époque, il avait 35 ans et jouait un personnage de 60 ans. Maintenant il en a 80 et on le voit tel qu’il est. Puis je montre qu’il faut quinze minutes pour atteindre l’île en avion au lieu des huit heures en bateau de l’ancienne version. On retrouve les gens de l’endroit, on évoque ceux qui sont morts et à ce moment-là le film de 1937 est montré intégralement. A la fin, je fais un montage : l’acteur sort du film noir et blanc et on le voit aujourd’hui, il passe la limite et pénètre dans le film en couleur. Mon producteur Frixos Constantine m’a dit qu’au Japon, ils ont refusé le film tout de suite parce qu’il était en majeure partie en noir et blanc. Cela m’a beaucoup ennuyé car c’est toute l’idée : opposer le noir et blanc à la couleur. L’atmosphère de Foula prend une tout autre dimension en noir et blanc, c’est plus beau et c’est plus fort, il faut étudier la lumière. En couleur, on peut faire n’importe quoi ou presque : c’est en couleur quoi ! c’est une carte postale. Je suis sûr que dans dix ans ce film sera très important, parce que c’est toute une partie de l’histoire du cinéma, ça couvre 50 ans après tout ! Par ailleurs, j’ai demandé à plusieurs éditeurs ici de ré-éditer le livre que j’avais écrit en marge du tournage du premier film : ils ont refusé et pourtant il est introuvable. »
Michael Powell
(Extrait du dossier consacré à Michael Powell in Positif te 240 et 241, établi par Pierrette Gonzalez et Claude Guiguet.)