La Maison du fleuve

Roland Gräf

Production : DEFA RDA — 35 mm — couleurs — 90 mn — 1986

Titre original Das Haus am fluss Scénario Roland Grâf Images Roland Dressel Musique Günther Fischer Son Werner Krehbiel Montage Monika Schindler Interprétation

Katrin Sass (Agnes Eckert), Manfred Gorr (Jupp Eckert), Jutta Wachowiak (la Mère Voss), Rolf Hoppe (Heinz Hiisgen), Corinna Harfouch (Emmi Voss)

Le film relate divers genres de subordinations. D’abord, la subordination de masse qui, par exemple, laisse croire à la mère Voss et à sa famille que cette guerre contre la Russie a lieu de bon droit et qu’elle sera bien vite terminée, peut-être même avant l’hiver 1941/1942. Des cadeaux en provenance du front viennent réjouir les chers parents au foyer : un joli corsage paysan ukrainien pour Emmi, la bru de la mère Voss, un beau manteau de fourrure soyeux pour Agnès. Ce manteau, son mari Jupp s’y est agrippé en Russie pour l’avoir, comme s’il s’agissait de sa propre vie. Mais le prix en sera élevé. Ce genre de subordinations peut facilement coûter la vie. Et il en est d’autres encore : comment, en tant qu’employée, se défendre contre un homme, sous-directeur de la firme, qui s’intéresse à elle. Comment Agnès, la fille de la mère Voss, pourra-t-elle résister aux séductions de Heinz Hüsgen, tandis que Jupp est si loin, en Russie, et qu’elle a un si profond besoin de caresses. Un instant de faiblesse peut coûter cher ici aussi. Pourtant, Agnès n’a nullement l’intention de renoncer à Jupp, à son amour, à sa vie et, partant de cette misère et ce désespoir si profonds, elle commence à se révolter. C’est la force du faible tout juste en éveil. Ce film raconte des destinées prises dans le quotidien des Allemands à l’ère du fascisme.