La Cuisine rouge

Paule Baillargeon, Frédérique Collin

Canada/Québec — 16 mm — couleurs — 82 min — 1979

Scénario Paule Baillargeon, Frédérique Collin Prises de vue Jean-Charles Tremblay Musique Yves Laferrière Montage Babaloo Hamelin Son Esther Auger, Serge Beauchemin, Jacques Blain, Claude Langlois, Gilles Perrotte. Production Paule Baillargeon Distribution Les films du Crépuscule Interprétation

Michèle Mercure (la mariée), Han Masson (Daybe), Catherine Brunelle (Darling), Marie Quellet (Mireille), Valérie Dejoie (Estelle), Claude Maher (le marié), Gilles Renaud (le père), Guy Thauvette (Thibault Frenette), Raymon Cloutier (Patrice Queneville), Jean-P. Saulnier (Arme), Pierre Curzi (Val aimé), Bertrand Carrière (Julien Dery), Claude Laroche (Marc Tremblay), Ghislain Tremblay (l’Indien)

C’est la journée la plus chaude de l’été. Un mariage, un bar « topless », une cuisine, une loge de danseuses, la cour. Dans la grande cuisine, le travail n’est pas dans l’air. La mariée s’étonne. Les femmes s’échappent, quittent les rôles imposés : de mère, de prostituée, de folle, d’actrice. Dans le bar, les hommes attendent leur déjeûner. Des oeufs c’est toujours bon, ça, prend ça pour commencer ta journée. Entre elles, ça éclate. C’est la crise d’angoisse, des visions de mutilations. Les mots déboulent, les pleurs, les rires, les déchirements, les joies, les amours. Elles se détachent, s’arrachent à elles-mêmes, elles flottent, ivres, ailleurs. La vie reprend ses droits. Les hommes fatigués d’attendre et d’un commun accord pénètrent dans la cuisine. Ils n’y voient rien. Forts de leur inconscience, ils se rassurent et retournent dans le bar. C’est la résistance, fonds de bière, botchs de cigarettes. Ils sont ivres, ils se parlent, ils s’accusent, trinquent ensemble. Ils décident du sort du monde, retrinquent, s’aiment, se battent, ils ont peur, retrinquent, chantent et dansent la dernière danse du guerrier. Pendant ce temps, l’enfant femelle, fille de sorcière, se révolte, refuse toutes ces images et décide de faire sa valise. Pieds nus, elle s’en va. Elle porte en elle, et avec elle, les germes de la révolution.