Mauro Bolognini

Cinéaste, Italie

Né à Pistoïa le 22 juin 1922. L’activité de Bolognini, au début de sa carrière de metteur en scène, n’a pas été particulièrement engagée, et cela, jusqu’au jour de 1959, où il a réalisé La notte brava ; l’année suivante, c’était le tour de La giornata balorda, inspiré par plusieurs nouvelles d’Alberto Moravia. Mais l’engagement, le ressentiment, l’aspiration morale, le caractère propre de Pasolini, qui écrivait les scénarios, s’accordaient mal avec la ten-dance du metteur en scène à la perfection formelle. C’est pourquoi Bolognini voulut créer quelquechose qui fût bien à lui — une de ses meilleures oeuvres, du reste — en mettant en scène le roman de Vitaliano Brancati II bell’Antonio, où le drame de l’impuissance d’un homme, dans une atmosphère sicilienne pittores-que et ardente, était exposé avec une délicatesse qui n’ôte rien à sa crédibilité. Après La viaccia (avec Belmondo), Bolognini réalisa ensuite Senilità, histoire d’un amour voué à l’échec. Le sexe domine encore dans Agostino, d’après le roman de Moravia, qui a comme thème central l’angoissante découverte de la vie sexuelle par un enfant de treize ans. Bolognini avait déjà remporté des résultats formels admirables dans La Viaccia, qui nous montrait une Florence hivernale au siècle dernier en des images exquises, grâce à son goût de «peindre» avec la caméra en s’inspirant des «macchiaioli», dont le mouvement s’épanouit en Toscane à la fin du siècle dernier. Dans Metello, il confirme qu’il est un des mieux doués, un des chefs de file d’un courant qui affectionne l’évoca-tion émue et élégante, grâce à une participation sincère aux sentiments des personnages, jointe à je ne sais quoi de précieux dans le décor, à un souci extrême du détail. Lorsque Bolognini découvre un sujet psychologique et social qui le séduit comme ce fut pour Metello, son art peut acquérir une force vibrante d’introspection. La plus récente production de Bolognini est caractérisée par la variété des sujets traités dans de nombreux films. Parmi ceux-ci, on peut distinguer particulièrement, après La corruption, portrait d’un adolescent en contraste avec le monde des adultes, corrompu et malade, premier film contestataire du cinéma italien — La donna é una cosa meravigliosa, Arabella, un sketch de Le streghe (Les sorcières) et, surtout, Un bellissimo novembre et L’assoluto naturale, une transposition hardie de Dialogo de Goffredo Parise.
Au cours des trois dernières années, le talent fertile et éclectique de Bolognini nous a donné d’autres oeuvres remarquables : depuis Libera, amore mio, (une fresque pittoresque de l’Italie populaire, pendant le fascisme) jusqu’à Fatti di gente per bene (précieuse reconstruc-tion du milieu provincial italien au début de notre siècle, et à Per le antiche scale (d’après le roman de Mario Tobino) ; film que le réalisateur lui-même a défini une oeuvre sur la folie, mais non sur les asiles ; «un film de faits-divers dramatique, mais relaté sereinement».

Filmographie

1953 : Ci troviamo in galleria. 1955 : I cavalieri della regina, inédit, La vena d’oro, G I i innamorati. 1956 : Guardia, guardia scelta, grigadiere e mares-ciallo. 1957 : Marisa la civette, Giovani mariti. 1959 : Arrangiatevi, La notte brava, La giornata balorda. 1960 : Il bell’Antonio, La Viaccia. 1962 : Agostino, Senilità. 1963 : La corruzione. 1964 : La mia signora (un sketch). 1965 : Le bambole (un sketch), I tre volti (un sketch). 1966 : La donna é una cosa meravigliosa, Le fate (un sketch), Mademoiselle de Maupin. 1967 : Le streghe (un sketch), L’amour à travers les siècles (un sketch), Arabella. 1968 : Capriccio aII’italiana (deux sketches). 1969/70: L’assoluto naturale, Metello, Bubu de Mont-parnasse, Un bellisimo novembre. 1972 : Imputazione di omicidio per uno studente. 1973 : Libera, amore mio. 1974/75: Fatti di gente per bene, Per le entiche scale. 1976 : L’eredità Ferramonti