Scénario Jacques Becker, Pierre Véry D’après Son Roman
Image Jean Bourgoin
Musique Jean Alfaro
Montage Marguerite Houllé Renoir
Production Les Films Minerva
Source Pathé
Interprétation
Germaine Kerjean, Fernand Ledoux, Marcelle Hainia, Blanchette Brunoy, Robert le Vigan
Au fin fond de la campagne charentaise, le père Goupi, surnommé « Goupi Mes sous » en raison de son avarice, attend l’arrivée de son fils « Goupi Monsieur » en provenance de Paris. Chez les Goupi, tout le monde a un surnom. Frères et sœurs, oncles, neveux et cousins vivent sous le même toit, et les disputes sont monnaie courante. Mais quand survient la mort d’un des leurs, « Goupi l’Empereur » âgé de 106 ans, les rancœurs se trouvent alors décuplées.
« On est frappé par la modernité de ce film sorti sous l’Occupation, […] que Jacques Becker put tourner en échappant au stalag après avoir simulé des crises d’épilepsie. Aucune coquetterie champêtre dans la mise en scène, aucun cabotinage “rustique” dans ce drôle de drame paysan. Becker enferme les membres d’une famille particulièrement âpre dans des plans virtuoses et décortique leurs mœurs et leurs bizarreries. La cupidité, voilà le nerf de la guerre. Avec ses corollaires : la méfiance, l’autarcie. Jusqu’à ce que la tragédie l’emporte, portée à elle seule par un Robert Le Vigan halluciné, hallucinant. À travers les Goupi, leur obsession du travail et de la famille, leur hypocrisie, ce sont les valeurs de Vichy que le jeune et grand cinéaste stigmatisait, mais avec suffisamment de finesse (et un petit discours final apaisant) pour éviter la censure. Et qui est le plus malin du film ? Mains rouges, le marginal, “l’artiste de la famille”. »
Guillemette Odicino, Télérama, 3 janvier 2023
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Goupi Mains rouges
Jacques Becker
France — 1942 — 1h44 — fiction — n&b
Germaine Kerjean, Fernand Ledoux, Marcelle Hainia, Blanchette Brunoy, Robert le Vigan
Au fin fond de la campagne charentaise, le père Goupi, surnommé « Goupi Mes sous » en raison de son avarice, attend l’arrivée de son fils « Goupi Monsieur » en provenance de Paris. Chez les Goupi, tout le monde a un surnom. Frères et sœurs, oncles, neveux et cousins vivent sous le même toit, et les disputes sont monnaie courante. Mais quand survient la mort d’un des leurs, « Goupi l’Empereur » âgé de 106 ans, les rancœurs se trouvent alors décuplées.
« On est frappé par la modernité de ce film sorti sous l’Occupation, […] que Jacques Becker put tourner en échappant au stalag après avoir simulé des crises d’épilepsie. Aucune coquetterie champêtre dans la mise en scène, aucun cabotinage “rustique” dans ce drôle de drame paysan. Becker enferme les membres d’une famille particulièrement âpre dans des plans virtuoses et décortique leurs mœurs et leurs bizarreries. La cupidité, voilà le nerf de la guerre. Avec ses corollaires : la méfiance, l’autarcie. Jusqu’à ce que la tragédie l’emporte, portée à elle seule par un Robert Le Vigan halluciné, hallucinant. À travers les Goupi, leur obsession du travail et de la famille, leur hypocrisie, ce sont les valeurs de Vichy que le jeune et grand cinéaste stigmatisait, mais avec suffisamment de finesse (et un petit discours final apaisant) pour éviter la censure. Et qui est le plus malin du film ? Mains rouges, le marginal, “l’artiste de la famille”. »
Guillemette Odicino, Télérama, 3 janvier 2023