La Fiancée

Günther Rücker, Günter Reisch

Allemagne — 35 mm — couleurs (Orwocolor) — 110 mn — 1980

Titre original Die Verlobte Scénario Günther Rücker, d’après l’oeuvre d’Eva Lippold. Images Jürgen Brauer. Musique Karl-Ernst Sasse. Décors Dicter Adam. Montage Erika Lemphul. Production DEFA / Télévision de la de R.D.A. Distribution Inédit en France. Festivals de Karlovy-Vary (Globe de Cristal), Moscou, Lonbres (1980) Interprétation

Jutta Wachowiak (Hella), Regimantas Adomaitis (Reimers), Slavka Budinova (Lola), Christine Gloger (Franzel), Inge Keller (Irène), Kâthe Reichel (Olser), Hans-Joachim Hegewald (Hensch), Barbara Zinn (Elsie), Kathrin Sass (Barbara), Ewa Zieteck (Hilde), Ursula Braun (Naudorf), Katrin Martin (Konrad), Reinhard Straube, Friedrich Richter, Johannes Wieke, Rolf Ludwig

Une femme doit vivre parmi des criminelles de droit commun. Et ce, année pour année. Obligée de travailler avec elles dans la chaleur d’une laverie de maison d’arrêt, de dormir côte-à-côte avec elles dans une de ces capes de fil de fer, il lui faut faire appel à toutes ses forces pour survivre en tant qu’individu humain. La force nécessaire, elle la tire de son amour au-delà des murs du pénitencier, mais qu’elle doit pourtant tenir secret. Au lavoir, parmi ces femmes incarcérées à perpétuité, cela pourrait coûter la vie que de mentionner l’amour qu’on éprouve pour un homme. Hella Lindou se remémore parfaitèment les mots qu’elle a prononcés lorsque, peu avant son arrestation, elle avait pris congé de Hermann Reimer. « Tu es mon époux, je suis ta femme, quoiqu’il advienne. » Cela est valable et le sera toujours. Il a conservé en lui ses dires et lui reste profondément attaché, bien qu’il sache que Hilde, la fille des voisins, l’attend. Et Hilde est libre, très proche. Pourtant, il formulera une requête : « …je prie de m’accorder l’autorisation d’épouser Hella Lindou qui accomplit sa peine de détention ». On lui oppose un refus, mais il obtient tout de même qu’elle soit considérée comme sa fiancée. Il sait qu’il représente pour elle — le monde —, la vie, tout d’abord lorsqu’il s’agit de briser sa résistance par des années de détention cellulaire, puis à la laverie parmi les droits communs. Il ne fallait jamais laisser s’insinuer le moindre doute en ce qui concerne l’amour qui les unit, un amour qui est bien plus que celui qu’éprouverait n’importe quel autre homme pour n’importe qu’elle autre femme. Si toutes les autres relations et espérances pouvaient être mises en doute ou menacées — il ne pourrait en être ainsi de leur amour. C’est ainsi que Hella Lindou acquiert, dans les conditions avilissantes de la maison d’arrêt, justement l’autorité qui devait être brisée en elle. C’est ainsi que cet amour inhabituel atteind sa plénitude sous l’effet des pires péripéties tragiques.