La Complainte du sentier Ajouter le film aux favoris

Satyajit Ray

Inde – 1955 – 2h05 – fiction – n&b – vostf

Titre origina L Pather Panchali Scénario Satyajit Ray, D’après le Roman de Bibhutibhushan Bandyopadhyay Image Subrata Mitra Musique Ravi Shankar Montage Dulal Dutta Production Gouvernement du Bengale-occidental Source Les Acacias Interprétation

Kanu Bandyopadhyay, Karuna Bandyopadhyay, Chunibala Devi, Uma Das Gupta, Subir Bandyopadhyay

Un village du Nord-Bengale dans les années 1920. Une famille pauvre accueille l’arrivée d’un fils nommé Apu. Le garçon grandit auprès de sa sœur Durga, qui veille sur lui et lui fait découvrir le monde.

« Le story-board est réalisé « comme une bande dessinée » afin de présenter son film à de potentiels producteurs, Ray étant conscient que ce qu’il prépare est inédit en Inde et donc difficile à faire financer. Grâce au précédent du Voleur de bicyclette, Ray ressent une légitimité à se lancer dans cette aventure avec un budget modeste, en tournant en extérieurs dans un village pas loin de Calcutta et en recourant en grande partie à des acteurs non professionnels, aux antipodes des pratiques alors courantes en Inde; en effet, les tournages ont lieu principalement dans des studios afin d’avoir une maîtrise totale de la lumière, les acteurs sont tous professionnels et le star-system domine au service d’intrigues pour la plupart romantiques, pétries de retournements de situation en tous genres et de numéros musicaux. Relater les événements, petits et grands, d’une famille n’existe pas dans le cinéma indien. »
Satyajit Ray, Ce que j’ai toujours su, c’est dessiner, sous la direction d’Amandine D’Azevedo et Eva Markovits, éditions de l’œil, 2026

Prix du Document humain Cannes 1956

« Au milieu des années 1950, Satyajit Ray réalise un petit miracle. Autofinancé et tourné en décors naturels sur plusieurs années, La Complainte du sentier, sensationnelle histoire d’une famille indienne ordinaire, réussit l’équilibre parfait entre mélodrame intimiste et fresque universelle. Le jeune cinéaste de 30 ans parvient à fusionner ses influences européennes évidentes avec son ambition de faire un cinéma résolument indien. Loin d’être scolaire ou emprunté, ce premier film propose une impressionnante leçon de cinéma : cadres au cordeau, photographie sublime, direction d’acteurs magique (alors que la plupart sont amateurs, tout sonne juste : les grandes scènes d’émotion comme le moindre geste, sourire ou regard) sans oublier une ellipse époustouflante qui survole les premières années du petit Apu. Difficile de ne pas être ému par la mise en scène impitoyable de la misère et par la dignité des personnages, impossible de ne pas être ébloui par la beauté du film. La Complainte du sentier n’est pas un murmure misérabiliste, c’est un hymne à l’humanité. »

Grégory Le Perff, Afcae, décembre 2023

Séances

  • SB ven. 03.07 10:00 Suivi d'une rencontre animée par Eva Markovits (programmatrice) et Amandine D’Azevedo (chercheuse) et d'une séance de dédicaces Ajouter la séance aux favoris