Charles mort ou vif

Alain Tanner

16 mm (gonflé en 35 mm) — N et B — 92 mn — 1969

Scénario Alain Tanner Images Renato Berta Musique Jacques Olivier Son Paul Girard Montage Sylvia Bachmann Production Alain Tanner/Groupe 5 (Genève)/SSR (télévision suisse) Grand Prix du Festival de Locarno (1969), Grand Prix du Festival de San Antonio, USA (1970) Sortie en France mai 1969 Interprétation

François Simon (Charles Dé), Marcel Robert (Paul), Marie-Claire Dufour (Adeline), André Schmidt (Pierre Dé), Maya Simon (Marianne Dé)

Charles est un film en trois temps. Premier temps : Charles-qui-ne-parle-pas. Charles paie de son silence cinquante ans de confort suisse. Ulcère à l’estomac, ulcère familial, petit vin blanc traître, tout cela parce que les mots n’étaient pas définitivement morts : ils grenouillent sous la surface tranquille. Deuxième temps : Charles-qui-parle. Dans le passé, les hommes s’adressaient à Dieu. Aujourd’hui, ils préfèrent de beaucoup parler à la Télévision. L’audience est plus large, mais les risques sont plus difficiles à évaluer. Charles, un peu par hasard (mais était-ce un hasard ?) fait ses confessions aux téléspectateurs. Troisième temps : Charles-qui-a-parlé. Charles exorcisé. Charles qui disparaît. Il est irrécupérable : ne saute pas à l’eau qui veut. Le monde se démantibule. Il faut recourir au détective, à l’avocat, au psychiatre. Charles est à la fois libre et prisonnier. Il s’en va à la dérive. Malheur et bonheur. De son canot de sauvetage, il envoie quelques fusées. Paul, un garçon qui passait par là avec Adeline les aperçoit.