Il existe des films dont la mise en scène accompagne le récit. Puis il y a ceux qui sont le récit. Triptyque appartient à cette seconde catégorie.
Ali Khamraev ne filme jamais simplement des personnages, il filme leur place dans le monde. Un corps au centre du cadre, un autre qui semble constamment lui échapper, une lumière électrique répondant à la chaleur d’une lanterne, une porte entrouverte, un regard qui ne trouve jamais véritablement sa place. Chaque plan pense. Chaque mouvement de caméra raconte ce que les mots taisent.
J’ai rarement vu un film aborder l’émancipation avec une telle intelligence. Ici, il n’est jamais question d’opposer les hommes aux femmes ni de distribuer les rôles entre victimes et bourreaux. Khamraev préfère observer des êtres humains héritant d’une époque, d’une tradition, d’une éducation, chacun essayant tant bien que mal de s’en affranchir. C’est précisément cette absence de manichéisme qui rend le film profondément humaniste.
La scène de l’agression, d’une pudeur bouleversante, le sourire de Khalima dans la neige, les silences du professeur, la dignité silencieuse de la vieille femme… Rien n’est démonstratif. Rien n’est appuyé. Le cinéaste fait confiance au pouvoir des images, et elles suffisent à porter une émotion d’une justesse sidérante.
J’ai eu la sensation de découvrir non seulement un immense film, mais un immense cinéaste. Et c’est peut-être la plus belle surprise qu’un film puisse offrir, celle de nous faire comprendre, dès les premières œuvres que l’on voit de lui, que l’on vient de rencontrer un auteur dont on a désormais envie de suivre toute la filmographie.
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Triptyque
Il existe des films dont la mise en scène accompagne le récit. Puis il y a ceux qui sont le récit. Triptyque appartient à cette seconde catégorie.
Ali Khamraev ne filme jamais simplement des personnages, il filme leur place dans le monde. Un corps au centre du cadre, un autre qui semble constamment lui échapper, une lumière électrique répondant à la chaleur d’une lanterne, une porte entrouverte, un regard qui ne trouve jamais véritablement sa place. Chaque plan pense. Chaque mouvement de caméra raconte ce que les mots taisent.
J’ai rarement vu un film aborder l’émancipation avec une telle intelligence. Ici, il n’est jamais question d’opposer les hommes aux femmes ni de distribuer les rôles entre victimes et bourreaux. Khamraev préfère observer des êtres humains héritant d’une époque, d’une tradition, d’une éducation, chacun essayant tant bien que mal de s’en affranchir. C’est précisément cette absence de manichéisme qui rend le film profondément humaniste.
La scène de l’agression, d’une pudeur bouleversante, le sourire de Khalima dans la neige, les silences du professeur, la dignité silencieuse de la vieille femme… Rien n’est démonstratif. Rien n’est appuyé. Le cinéaste fait confiance au pouvoir des images, et elles suffisent à porter une émotion d’une justesse sidérante.
J’ai eu la sensation de découvrir non seulement un immense film, mais un immense cinéaste. Et c’est peut-être la plus belle surprise qu’un film puisse offrir, celle de nous faire comprendre, dès les premières œuvres que l’on voit de lui, que l’on vient de rencontrer un auteur dont on a désormais envie de suivre toute la filmographie.