Abi Feijó
Né en 1956 à Braga, au Portugal, Abi Feijó est un réalisateur, producteur et véritable figure tutélaire du cinéma d’animation portugais contemporain. Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Porto, il a non seulement signé des œuvres intimistes, historiques et politiquement engagées, mais a également joué un rôle fondamental dans l’industrie de l’animation dans son pays. Il a découvert et produit des artistes majeurs (comme Regina Pessoa), contribuant ainsi au rayonnement international de l’animation portugaise.
« Peut-être Regina Pessoa et Abi Feijó sont-ils avant tout des montreurs d’ombres, et leurs oeuvres les héritières des spectacles de lanternes magiques ? Qu’il s’agisse des rêves et des souvenirs que sondent les films de Regina ou des fantômes de l’histoire qui hantent ceux d’Abi, tout y semble affaire de fantasmagorie : quand la lumière projetée découpe, dans la nuit de l’esprit, des formes fantastiques, étranges et familières… Avec ces deux cinéastes dont les films ont remporté plus de 100 prix en festivals, l’animation portugaise a affirmé sa place dans le paysage de l’animation mondiale. » Xavier Kawa-Topor, délégué général de Nef Animation
« Abi est mon complice dans cette aventure. On se soutient mutuellement et c’est comme ça qu’on est arrivés à faire plusieurs films ensemble. […] Je me demande d’où vient ce goût que j’ai pour le monochrome. Dans ma petite enfance, quand j’ai commencé à dessiner, avec mon oncle Tomas, on dessinait avec du charbon sur des murs de chaux. J’aime cette idée qu’avec n’importe quoi, on peut laisser une marque. Est resté chez moi ce goût du noir et du blanc. […] Je trouve que la monochromie accentue la dramaturgie des images. […] Un jour, lorsque j’étais perdue pendant l’écriture d’un film, Abi m’a dit : “Pense à des images intéressantes ou à des images importantes pour toi. C’est ça qui va donner de la force aux images, et les gens qui vont [les] regarder vont sentir ce lien entre toi et ce que tu dessines.” J’ai donc écrit sur ma peur du noir, avec ma vision personnelle. J’ai l’impression que c’est pour ça que mes films deviennent universels, et je suis contente que des gens de plusieurs cultures, de plusieurs pays, soient touchés par mes films. » Regina Pessoa, entretien avec Jean-Baptiste Garnero, à l’abbaye royale de Fontevraud, 4 octobre 2019
Filmographie Oh que calma (cm, animation, 1985) – A noite saiu à rua (cm, animation, 1988) – Os Salteadores (cm, animation, 1993) – Ciclo vicioso (coréal. Pedro Serrazina et Regina Pessoa, cm, animation, 1996) – Jogos Olímpicos (TV, 1996) – Clandestino (cm, animation, 2000) – Our Lady of the Apresentation (coréal. Daniela Duarte et Laura Gonçalves, cm, animation, 2016) – Fado lusitano (cm, animation, 2023)

