Les Noces

Andrzej Wajda

1972 — Pologne — 35 mm — couleurs (Eastmancolor) — 110 mn — V.O.S.T.F.

Titre original Wesele Scénario Andrzej Kijowski Prises de vue Witold Sobocinski Décors Tadeusz Wybult Musique Stanislas Radwan Production Film Polski Distribution Prodicis Interprétation

Ewa Zietek (la mariée), Daniel Olbrychski (le marié), Andrzej Lapicki (le poète), Wojciech Pszoniak (le journaliste), Fransiszek Pieczka (Czepiec), Kazimierz Opalinski (le père), Marek Walczewski (l’hôte), Iza Olszewska (l’hôtesse), Maja Komorowska (Rachel), Malgorzata Lorentowicz (la femme du conseiller), Barbara Wrzesinska (Maryna), Hanna Skarzanka (Klimina)

Une noce dans la campagne polonaise des environs de Bronowice en 1900. De la musique étourdissante, des danses sans fin, l’alcool coule à flots ; il y a là des paysans et des paysannes en costumes folkloriques et des bourgeois, des intellectuels : écrivains, peintres, journalistes, hommes politiques. C’est le mariage d’un poète célèbre, très apprécié du public bourgeois, avec une paysanne. Les noces ont lieu dans la maison de campagne d’un artiste peintre qui a autrefois épousé, lui aussi, une paysanne. Un climat d’incertitude et d’inquiétude se mêle aux réjouissances. Dans la vapeur de l’alcool et le tourbillon des danses entraînantes, les convives sont visités par des fantômes qui les obsèdent : le journaliste par le spectre de Stanczyk, le fou du grand roi de Pologne ; Sigismond, un poète, est fasciné par Zawisza, héros moyen-âgeux célèbre qu’il pensait immortaliser dans un drame ; le marié, travesti en villageois, qui cajole son élue et ses parents paysans, a une vision du partage de la Pologne. Quant à l’aïeul, il voit apparaître le spectre sanglant du chef paysan Szela, héros de la dernière insurrection nationale. Ivre et somnolent, le maître de la maison voit Wernyhora ; ce devin légendaire remuait l’imagina-tion des poètes romantiques et ses prophéties annonçaient des événements extraordinaires qui devaient apporter à la Pologne la liberté et la bonne entente avec les nations voisines. Les bredouillements du maître de maison enflamment les esprits échauffés des invités qui se préparent à l’insurrection. Jean, ivre, est envoyé en messager pour rassembler le peuple. Il a poussé jusqu’à la frontière russe, distante de quelques kilomètres, mais à l’aube, il revient seul. Il n’y aura pas d’insurrection. Les invités tournent dans une danse cataleptique ; tout n’était qu’illusion née de l’imagination exaltée, des vapeurs de vodka, du complexe de culpabilité des intellectuels et peut-être aussi des sortilèges de la belle Rachel, fille instruite de l’aubergiste du village.