Ne croyez surtout pas que je hurle

Frank Beauvais

France — essai documentaire — 2019 — 1h15 — couleur

Titre international Just Don’t Think I’ll Scream Scénario Frank Beauvais Montage Thomas Marchand Production Les Films du Bélier, Les Films Hatari, Studio Orlando Source Capricci

« Janvier 2016. L’histoire amoureuse qui m’avait amené dans le village d’Alsace où je vis est terminée depuis six mois. À 45 ans, je me retrouve désormais seul, sans voiture, sans emploi ni réelle perspective d’avenir, en plein cœur d’une nature luxuriante dont la proximité ne suffit pas à apaiser le désarroi profond dans lequel je suis plongé. La France, encore sous le choc des attentats de novembre, est en état d’urgence. Je me sens impuissant, j’étouffe d’une rage contenue. Perdu, je visionne quatre à cinq films par jour. Je décide de restituer ce marasme, non pas en prenant la caméra mais en utilisant des plans issus du flot de films que je regarde. »

Frank Beauvais

« Il y a un véritable génie à l’œuvre dans la manière dont le réalisateur a façonné un film qui offre au mot “personnel” tout son sens. Fascinant, Ne croyez surtout pas que je hurle n’en est pas moins l’expression d’une âme souffrante et autocentrée, dont la perception des autres frôle parfois le mépris de l’intelligence pour les masses banales et manipulées. Mais comme c’est dans l’excès et la névrose que bouillonne le mieux le feu créatif du cinéaste, on passera sur ses accès “haineux” pour n’y voir que le reflet d’un artiste écorché vif dont l’exceptionnel talent protéiforme a du mal à trouver une dimension à sa (dé)mesure dans le monde où il tente de vivre, et en espérant que ce premier long l’aidera à mieux discerner le chemin de la lumière. »

Fabien Lemercier, Cineuropa, 10 février 2019