Le Knack et comment l’avoir

Richard Lester

35 mm — N. et B. — 86 mn — 1965

Titre original The Knack... And How to Get It Scénario Charles Wood d’après la pièce d’Ann Jellicoe. Images David Watkin. Musique John Barry. Décors Assheton Gordon. Montage Anthony Gibbs. Production Woodfall Films (Oscar Lewenstein) pour les Artistes Associés. Distribution Artistes Associés. Palme d’or Festival de Cannes 1965 Interprétation

Rita Tushingham (Nancy), Ray Brooks (Tolen), Michael Crawford (Colin), Donald Donnelly (Tom), John Bluthal (le père en colère), Wensley Pithey (le professeur), William Dexter, Peter Copley, Dandy Nichols, Charles Dyer, Timothy Bateson, Margot Thomas, Wanda Ventham, Gerard Toomey, Edgar Wreford, Frank Siemen, Bruce Lacy, George Chisholm, Katharine Page, Rose Hiller, Helen Lennox, Charles Wood, Julian Holloway, Vincent Harding, Kenneth Farrington, John Porter Davison, Walter Horsbrugh, Charlotte Rampling, Lucy Bartlett, Dorothy Sue, Lucilie Soong, Yu Ling, June Lim, Jane Birkin, Jane Lumb, Vicki Udall, Coralie Persee, Jackie Bisset, Anna Biro, Lynn Broadbent, Carol Chilvers, Louisa Cornwall, Janny White, Susan Whitman, Jean Nesbitt

Tolen a le « Knack ». Donc il est heureux. Sa vie est celle du harem mental qui obsède son ami Colin, celui qui n’a pas le « Knack »… Le bonheur, c’est le paradis sexuel sur terre. La femme idéale, multipliée à des milliers d’exemplaires, attend dans l’escalier, le signe du séducteur. La femme sophistiquée des couver-tures de magazines. Elle est blonde, de style scandinave, son corps est parfait. Elle porte au cou la médaille de la séduction offerte par Tolen après le délicieux sacrifice. Elle signe sa propre reddition sur le livre d’or des conquêtes. Elle défile dans la rue, avec ses semblables, en brandissant les pancartes du culte de la personnalité. Elle crie son éternelle reconnaissance, dans un monde inondé de lumière. Rien ne résiste à Tolen, l’empereur des pin-ups oxygénées. Il sait parler aux femmes, c’est-à-dire qu’il sait se taire. Un regard, un geste, une caresse et il possède. Dans les rares cas difficiles, il ajoute un zeste de Thélonius Monk et une folle promenade en moto. Le « Knack » fait de lui un être supérieur, comblé, repu, équilibré. Colin, son colocataire, n’a pas le « Knack ». Son univers n’est pas aérien, mais bassement terrestre. Il connaît les tourments de la frustration. Alors qu’il enseigne à de jeunes élèves les rudiments d’une culture ennuyeuse, il est troublé par les cuisses découvertes des adolescentes du cours d’éducation physique. Triste destinée que celle de l’obsédé sexuel. Avec, comme frères d’infortune, les voyeurs accro-chés au grillage de la cour de récréation pendant les évolutions gymniques des collégiennes. Tom non plus n’a pas le « Knack ». Mais il s’en moque. Car il peint. Inlassablement. Il peint en blanc tout ce qui ne l’est pas. Les murs, les meubles, les miroirs. Il transforme en décor de rêve ce qui est réalité. Catalyseur indispensable et logique, il prépare l’accession de Colin à un univers aveuglant de lumière, celui des contrées surréelles de l’accomplissement érotique.