J’ai vécu l’enfer de Corée ou Sergent Zack

Samuel Fuller

35 mm — N et B — 84 mn — 1950

Titre original The Steel Helmet Scénario Samuel Fuller Images Ernest W. Miller Musique Paul Dunlap Décors Theobold Holsopple et Clarence SteenSon Montage Philip Cahn Production Samuel Fuller pour Lippert Prod./Deputy Corporation Interprétation

Gene Evans (Sergent Zack), Steve Brodie (Lieutenant Driscoll), James Edwards (Caporal Thompson), Robert Hutton (« Conchie » Brome), Richard Leo (Sergent « Budda-Head » Tanaka), Sid Melton (Joe), William Chun, Richard Monahan, Harold Fong, Neyle Morrow, Lynn Stallmaster

Un sergent américain est le seul survivant de son unité. Il rencontre un enfant qui lui sert d’éclaireur. Tous deux se joignent à une unité américaine, laquelle installe un poste d’observation dans un temple. Le temple est attaqué par l’ennemi. Sauf le sergent et deux autres soldats, tout le monde sera tué. Le film se termine par ces mots : « Et cette histoire n’a pas de fin ».

« S’il est un film capable de nous faire ressentir physiquement, viscéralement, toute l’énormité, la bêtise et l’horreur d’un conflit mené au nom des principes hypocrites de la liberté éclairant le monde, et qui en démontre péremptoirement non seulement la tragique vanité mais l’échec inéluctable, c’est bien The Steel Helmet. Ce film brutal, primaire, délirant est porteur d’un message pacifiste mille fois plus percutant et plus éloquent que tel manifeste pavé de bonnes intentions de nos intellectuels qui se prétendent engagés dans le bon combat… Fuller nous a montré le côté le plus bas, le plus minable de la guerre sans flaflas, sans pompiérisme, à ras de terre. »

A noter que le film fut tourné en 10 jours, pour 104 000 dollars et rapporta dix fois cette somme. C’est le troisième film tourné par Samuel Fuller, après J’ai tué Jesse James et The Baron of Ari-zona (celui-ci inédit en France). Le casque que porte Gene Evans (et sur lequel est imprimé le générique) est le propre casque que portait Fuller durant la Seconde Guerre mondiale.

Claude Beylie, « Cinéma 68 » n° 127, juin 1968