Les Grains du chapelet

Kazimierz Kutz

35 mm — Couleurs — 116 mn — 1980

Titre original Paciorki jednego rozanca Scénario Kazimierz Kutz, d’après une nouvelle de A. Siekierski. Images Wieslaw Zdort. Musique Wojciech Kilar. Décors Andrzej Plocki, Miroslaw Krelik. Production Unité de Production KADR. Grand Prix du Festival de Gdansk 1980 Interprétation

Augustyn Halotta (Habryka), Marta Straszna (Habrykowa), Ewa Wis niewska (Zosia), Franciszek Pieczka (Jerzy, le fils), Jan Bögdol (Antek), Stanislaw Zaczyk (Malczewski), Jerzy Rzepka (Leszek), Ryszard Jasny (Pielorz), Réza Richter (Piclorzowa), Wladyslaw Gluch (Kosmala), Antoni Wolny (Pawelczyk), Maksymilian Baron (Paulek)

« Les Grains du chapelet » de Kazimierz Kutz terminent de façon naturelle la « Trilogie silésienne » de ce metteur en scène dont le premier film était « Le Sel de la terre noire » et le second « La Perle de la couronne ». Le cinéaste a enfermé dans ces films le panorama de l’histoire silésienne depuis le temps des soulèvements, en passant par les vingt années d’entre-deux-guerres, pour arriver à la contemporanéité dans les années soixante-dix. Le personnage de ce tout dernier film est un vieux mineur retraité qui a laissé derrière lui les années de lutte contre les Allemands, de travail pour le capital étranger en Pologne d’avant-guerre et qui, après la Seconde Guerre mondiale, se plaça à la tête du mouvement d’émulation de travail et fut un des hommes qui transforma l’industrie polonaise contemporaine. Toute la vie de cet homme est la vivante histoire de l’industrie minière de Silésie, celle des évolutions impétueuses qui s’effectuent sur cette terre. Il est de plus en plus difficile au vieux mineur d’accepter ces changements qui s’attaquent entre autres aux petites maisons des mineurs, avec leurs jardinets, leurs cabanes dans lesquelles ils élèvent des lapins et des pigeons. La vieille culture de coexistence disparaît pour faire place maintenant aux grands bâtiments d’habitations qui ne permettent plus l’exercice de ces passe-temps sympathiques. Le héros du film ne veut pas se résoudre à quitter tout ce qui jusqu’à présent constituait sa vie. Il souhaite rester dans sa vieille maison et personne n’arrive à la persuader de la nécessité de déménager dans les habitations modernes, ni ses amis, ni le directeur de la mine. Ainsi apparaît dans le film le conflit naturel entre le vieux monde qui s’efface et la contemporanéité. Ce qui attire l’attention est le fait que le vieux mineur est soutenu dans sa lutte par son fils qui occupe dans la même mine un poste d’ingénieur et par son petit-fils qui même à l’école prend la défense de son grand-père.