Family Life

Ken Loach

35 mm — couleurs — 107 mn /1972

Scénario David Mercer, d’après sa pièce In two minds Images Charles Stewart Musique Mark WilkinSon Son Frederick Sharp et Gerry Humphries Montage Roy Watts Production Tony Garnett (Kestrel Films) Sortie Paris 8 novembre 1972 Interprétation

Sandy Ratcliff (Janice Bailden), Bill Dean (Mr. Bailden), Grace Cave (Mine Bailden), Malcolm Tierney (Tiin), Hilary Martyn (Barbara), Michael Riddall (Dr Donaldson)

Ce film qui raconte comment une adolescente de 19 ans perturbée par son milieu familial, devient, grâce à l’intervention de la médecine psychiatrique traditionnelle et bourgeoise, une schizophrène profonde, est une histoire exemplaire et un cri d’alarme. Une histoire exemplaire qui démontre les mécanismes de l’oppression du milieu familial et social conduisant un être au déséquilibre. C’est aussi un constat des méthodes psychiatriques actuelles, dont l’une, la traditionnelle, enferme l’adolescente dans sa maladie. Un cri d’alarme. A l’époque où tout le monde parle de la nouvelle société, ce film nous fait pénétrer dans le « dépotoir » de notre civilisation d’abondance, l’univers psychiatrique, qui, isolant artificiellement et arbitrairement le malade, l’incite à se replier encore plus sur lui-même et à s’enfermer davantage dans sa maladie. Et, en fait, il n’y a pas moins de différences entre le malade et l’homme sain du XXe siècle qu’il y en avait à ce que Michel Foucault appelle « la folie à l’âge classique ». L’histoire de Jacine n’est pas unique. Elle fait partie d’un quotidien sur lequel « on » nous demande de ne pas poser le regard, tant il pourrait déranger. Comme Kes et Poor Cow, Family Life est une manière de document social, un plaidoyer pour les non-privilégiés, pour une certaine catégorie des « Damnés de la Terre », celle des malades mentaux.