Esclave de l’amour (L’) ou Un drame poignant du cinématographe

Nikita Mikhalkov

URSS — 35 mm, couleurs, 1 h33, 1976. Inédit en France. V.O.S.T.F.

Titre original Raba liouby Scénario Friedrich Gorestein et Andreï Mikhalkov-Kontchalovski. Images Pavel Lebechev. Décor Aleksandr Adabachian, Aleksandr Samoulékine. Musique Edouard Artemiev. Production Mosfilm. Interprétation

Elena Soloveï, Rodion Nakhapetov, Aleksandr Kaliaguine, Oleg Bassilachvili

Une troupe de cinéastes russes ayant quitté Moscou et Petrograd pour s’éloigner d’une révolution dont ils ne saisissent pas l’importance se retrouve en Crimée et continue à tourner des «drames poignants». Il y a là un réalisateur très «tchékhovien», un producteur qui ne rêve que de terminer son film et de partir pour Paris, une idole naïve et capricieuse du cinéma muet, un opérateur qui soutient la cause des bolcheviks et tourne en cachette les atrocités des gardes blancs. L’insouciante Olga qui vit dans un «autre» monde est soudain confrontée aux réalités dramatiques de l’année 1917.
Cette oeuvre étonnante est le second film de Nikita Mikhalkov. Elle est filmée avec un art stupéfiant et rend parfaitement compte de l’état d’esprit des Russes au moment même du Grand Bouleversement. C’est aussi une réflexion sur le cinéma et la réalité filmée.