Le Cyclope

Hristo Hristov

35 mm — 1976

Titre original Ziklopat Scénario Hristo Hristov. Images Venec Dimitrov. Musique Kiril Cibulka. Production Filmbulgaria, Sofia Interprétation

Mihail Mutafov, Nevena Kokanova, Penka Cicelkova

On peut suivre, dans le film « Le Cyclope », l’étrange entrelacs des motifs personnels et civiques dans la conscience du héros — un commandant de sous-marin. En lui s’affrontent ses intérêts professionnels, son sens de la responsabilité devant les problèmes de l’humanité et ses soucis personnels ; ces conflits éternels qui nous touchent tous. Les cyclopes, d’après la mythologie, étaient doués d’une force peu commune mais n’avaient qu’un seul oeil. Cette particularité déformait leur champ de vision par rapport à celui des gens à la vision normale. C’est cela que les auteurs ont sous-entendu dans le film et cette idée est soutenue par la conception plastique du personnage central. La femme du commandant, sa maîtresse, ses grandes filles et ses collègues eux-mêmes sont plus ou moins tombés dans l’angle mort de la vision du « cyclope ». Eux, ils résolvent leurs problèmes dans leur sphère, alors que lui scrute de son oeil unique et perçant l’océan. Et c’est là qu’il va les retrouver, vivants ou morts, véritables ou imaginés, et qu’il pourra comprendre leurs problèmes qui sont aussi les siens. Pour sa vision particulière, le réel et l’imaginaire sont confondus, la mort rêvée se mêle à la vie vécue, le malheur envisagé se transforme en menace réelle. Sur l’écran de sa propre imagination, le commandant entreverra l’Atlantide disparue, prenant pied sur son sol, il découvrira l’Idée de Platon et la théorie d’Einstein. La menace suspendue au-dessus de l’humanité va se fondre avec celle qui pend au-dessus de sa propre tête. Le prix qu’il paiera pour la réponse salvatrice sera élevé et la réponse sera : soyez uniques, originaux, inébranlables dans votre humanisme, pour parvenir à défendre l’humain jusqu’à l’extrême limite, derrière laquelle il n’y a plus rien. Peut importe s’il s’agit de combat simulés ou de bataille véritable contre l’ennemi. La réponse à la question « être ou ne pas être » se trouve entre nos mains. A cette question il faut que chacun soit prêt à répondre à la minute même et constamment, avec sa vie ou sa mort, par ses actions, du plus profond de son être.