Croix de guerre

Kazimierz Kutz

35 mm — N. et B. — 1959

Titre original Krzyz Walecznych Scénario Josef Hen d’après ses propres récits. Images Jerzy Wôjcik. Musique Andrzej Markowski. Décors Roman Mann. Production Unité de Production KADR. Prix de la Critique polonaise Interprétation

Zbigniew Cybulski, Grazyna Staniszewska, Jadwiga Hariska, Czeslaw Piaskowski, Aleksander Fogiel, Andrzej May, Jerzy Turek, Stanislaw Milski, Bronislaw Pawlik, Adolf Chronicki, Zenon Buszynski

« La Croix de guerre » : A la suite d’un glorieux fait d’armes, un soldat polonais reçoit une médaille et part en permission… Très fier de lui, il porte sa croix avec ostentation, mais lorsqu’il parvient à son village, tout est détruit ; il ne reste plus qu’un vieil homme qui se méfie de lui et pense à le tuer. Le soldat retourne au front, l’amertume au coeur… « Le Chien » : Aux premières heures de la libération une équipe de trois artificiers trouve un chien splendide, visiblement abandonné. Le plus jeune d’entre eux se charge de lui. Mais voilà qu’aux approches de la ville où les soldats sont cantonnés, deux déportés juifs demandent à monter dans leur voiture. Le chien montre les dents et les deux Juifs sont visiblement terrorisés. Un peu plus tard, alors que le jeune soldat est parti après avoir lavé le chien, les deux Juifs se présentent au cantonnement et le chien se jette sur eux avec férocité. Les artificiers découvrent avec horreur que le chien appartenait aux SS qui l’avaient dressé dans le dessein qu’on imagine. Ils veulent le tuer et l’emmènent dans un lieu désert. Mais chaque fois qu’ils arment leur mitraillette, ils ne peuvent se résoudre à l’abattre ; ils finissent par le chasser à coup de pierres.
« La Veuve de Joczys » : Les habitants d’une petite ville de Prusse Orientale qui fait partie des territoires récupérés, accueillent avec ferveur la toute jeune femme de leur ancien commandant, tué en combattant, et sa mère. Ils les installent dans une maison coquette et assurent à la première un travail de buraliste. Elle préside toutes les manifestations patriotiques et folkloriques et se meurt d’ennui. Dans le même train qu’elle, est arrivé un jeune agronome timide au passé obscur. La jeune femme lui plaît, il lui fait la cour et se promène avec elle dans les champs. Invité un soir chez elle, il boit un peu plus que de coutume et ose lui demander de l’épouser en termes à peine voilés. Mais il se fait éconduire poliment. Les circonstances ne permettent pas à une jeune femme de soldat mort d’épouser un inconnu. Les habitants de la ville, alarmés par l’attitude familière du jeune homme, le mettent en garde. Il s’en va… Et puis, un beau matin de fête, ils vont chercher la femme de leur cher commandant ; elle est également partie, ayant compris, mais trop tard pour son amour, qu’elle ne pouvait vivre dans un monde momifié.
(Philippe Haudiquet : « Les Nouveaux Cinéastes polonais », Premier Plan – 1963)