Confiance

Istvan Szabo

35 mm — couleurs — 117 mn — 1979

Titre original Bizalom Scénario Istvan Szabo et Erika Szanto Images Lajos Koltai Son Gyôrgy Fek Décors Jôzsef Romvàry Montage Zsuzsa Csakany Production Mafilm (Studio Objektiv) Ours d’Argent au Festival de Berlin (1980) Interprétation

Ildiko Bansagi (Kata), Péter Andorai (Janos), Kàroly Csàki, Ildikô Kishanti, Lajos Balàzsovits, Tamâs Dunai

Par suite de la contrainte imposée par les circonstances historiques, un homme et une femme se retrouvent ensemble, dans une cohabitation forcée dans un appartement, à l’automne 1944. En effet, leurs faux papiers les donnent comme mari et femme, alors qu’en réalité, dans cette petite maison des faubourgs, deux parfaits étrangers se regardent en chiens de faïence. La seule chose qui leur soit commune et qui les fasse rester ensemble est l’obligation de se cacher, le manque total de sentiment de sécurité. Kata, la jeune femme, a été entièrement surprise par l’Histoire. Jusque-là, elle menait la vie d’une bourgeoise. Jânos, lui, a déjà vécu des expériences qui l’ont mûri (ses études en Allemagne durant la montée du fascisme). A cette époque, les réactions de peur et de méfiance faisaient partie de la vie normale. Pourtant, après sa première terreur, Kata se confie à Jànos. Elle attend de lui compassion et appui, mais elle découvre avec désespoir que son compagnon d’infortune se méfie d’elle et qu’il semble invinciblement renfermé, replié sur lui-même. En apparence, la situation historique, l’image chaque jour plus déformée du monde extérieur et les dures lois de la clandestinité semblent justifier le comportement de l’homme. Mais les instincts naturels de Kata s’élèvent contre cette attitude. Ce n’est pas seulement elle, qui s’est retrouvée du jour au lendemain séparée de son enfant et de son mari, à une distance infranchissable de la vie qu’elle a menée jusque-là, mais aussi Jânos qui aurait besoin de relations humaines. Ce caractère de repli sur soi est si difficile à vaincre que même l’amour qui surgit brusquement entre Kata et lui ne leur permettent pas de trouver aisément la voie du coeur de l’autre. La Libération vient brusquement faire disparaître autour des reclus le « décor » de l’Histoire. Ils n’ont pas de réponses toutes prêtes aux questions que pose la perspective d’une vie ensemble ou séparée à partir de ce point. Mais ils emporteront au moins, dans leurs bagages nécessaires et difficilement acquis, la confiance si durement et patiemment construite et le regret d’une solidarité humaine profonde.