Les Brumes de l’aube

Lauro Antonio

Portugal — 35 mm — couleurs — 120 min — 1980

Titre original Manha submersa Scénario Lauro Antonio d’après le roman de Vergilio Ferreira. Prises de vue Elso Roque. Musique Verdi/Chants grégoriens. Montage Lauro Antonio. Production Lauro Antonio I Instituto Portugues de Cinema – Lisbonne. Film sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs I Cannes 1980 Interprétation

Joaquim Manuel Dias, Eunice Munoz, Vergilio Ferreira, Canto e Castro, Joaquim Rosa, Carlos Wallenstein, Jorge Vale, Adelaine Joao, Miguel Franco, Maria Olguim

Le réveil d’un enfant déchiré entre la maison de D. Estefânia, son village, le séminaire et l’attrait de la ville. Un film qui oppose zones d’ombre et de lumière à travers lesquelles un garçon de douze ans se regarde, les yeux grands ouverts, au monde qui l’entoure : la répression au séminaire, les inégalités sociales, l’appétit de son corps en formation, la camaraderie, l’amour. « Je n’ai jamais été pensionnaire dans un séminaire ou une école, ma seule expérience « concentrationnaire » ayant été quelques mois de permanence à l’armée. Mais depuis mon adolescence, j’ai toujours eu horreur de ces endroits clos où tout peut arriver. J’étais très jeune encore lorsque j’ai découvert le roman de Vergilio Ferreira, « Manha submersa », et j’ai immédiatement été séduit par la façon rigoureuse et détaillée dont il décrivait une certaine société, vivant dans un pays alors en dictature, qui tentait d’étouffer le désir sous un despotisme paternaliste. Quand donc l’occasion m’a été offerte de réaliser mon premier long métrage, j’ai choisi ce roman auquel je m’identifiais, et que j’aurais aimé avoir écrit. Ce projet correspondait d’ailleurs à une sorte de défi que je me suis imposé. Réaliser un film avec un budget de 400.000 francs, nécessitant une reconstitution historique, des décors très différents, le fait de diriger plusieurs enfants et de nombreux acteurs, une structure narrative proche du mélo, dont j’ai tenté de m’éloigner par une écriture cinématographique rigoureuse et une mise en scène volontairement « neutre ». Il fallait que je réussisse à maîtriser tous ces éléments. Le résultat est là : un film totalement fait par des Portugais, de l’écriture à la finition technique, acteurs et techniciens compris. La question essentielle est de savoir si un cinéma portugais est possible. Mon film tente d’y contribuer. » (Lauro Antonio).