L’Affaire Coffin

Jean-Claude Labrecque

Canada/Québec — 35 mm — couleurs — 100 min — 1980

Scénario Jacques Benoît Prises de vue Pierre Mignot Musique Anne Laubert Montage André Corriveau Son Alain Corneau Production Robert Ménard Interprétation

August Schellenberg Wilbert Coffin), Yvon Dufour (Capitaine Forget), Micheline Lanctôt (Maureen Patterson), Jean-Marie Lemieux (Ben Ménard), Gabriel Arcand (Alain Courtemanche), Raymond Cloutier (Chauffeur de taxi)

Au Québec on n’a pas oublié l’Affaire Coffin. En 1953, dans la forêt gaspésienne, on retrouve les cadavres, à moitié dévorés par les ours, de trois chasseurs américains. Il s’agit d’un triple meurtre. La Gaspésie est une terre ingrate. Les Gaspésiens vivent tant bien que mal de la pêche, ou travaillent dans les mines de la région dont les propriétaires sont… américains. Et trois Américains assassinés au Québec, c’est mauvais pour le tourisme, ça décourage les investisseurs. Les associations américaines de chasse s’émeuvent, l’ambassadeur s’énerve. Il faut faire un exemple. Un Gaspésien, Wilbert Coffin, a eu l’imprudence de dire à la police qu’il avait dépanné ces chasseurs. De là à en faire l’assassin, il n’y a que quelques détails de procédure qui seront vite franchis par un sergent-détective spécialement dépêché de Québec par le Premier ministre Maurice Duplessis. Anglophone et protestant, donc minoritaire en ce Québec francophone et catholique, Coffin est le coupable idéal. Il aime bien lever le coude, il braconne. Pis : il a une maîtresse et un fils « illégitime » (comme on disait à l’époque). C’est un homme des bois qui ignore l’art de la parole et saura mal se défendre. Le film retrace les étapes qui conduisirent Coffin à la potence.