Fender l’Indien

Robert Cordier

Etats-Unis — 35 mm — Couleurs — 1973

Titre original Injun Fender Scénario Robert Cordier Photo Deidi von Schaewen Musique Michael Tschudin, Midnight Production Opera Company, Magic Tramps Prix Spécial du Jury, Toulon 1973, Ducat d’Or, Mannheim 73, Mention spéciale, Locarno 73, Prix l’Age d’or, Bruxelles 73 Interprétation

Denis Campbell Nancy Salmon Warren Finnery Herndon Ely

Héroïnomane, déséquilibré, Fender l’Indien s’est attaché la compagnie d’un couple de lesbiennes, Fudge la Blanche et Kathleen la Noire. Il tue le pigeon qui les entretient, un Texan milliardaire et obsédé qui habite dans le fameux Chelsea Hotel…
« Tandis que le cinéma recule, régresse, produit des monstres imbéciles, des déchets signés néo-fascisme, fric et mort, les poètes continuent de travailler. Robert Cordier, par exemple, dont il faudra bien qu’un jour quelqu’un se décide à publier les poèmes, et qui vient de réaliser un long-métrage qui est une Fête.
« … La beauté pure, égarée, démente, électrisée par on ne sait quelle violence jaillit d’on ne sait où (…) Chaque image d’Injun Fender fait trembler les nerfs, se mouiller la peau. Pourtant, la caméra, tenue par la seule camerawoman des Etats-Unis, Deidi von Schaewen, fait des prodiges de surmenage, l’éclairage n’est ni fait ni à faire, le tirage de la copie couleur est désastreux, le son projette des mitrailles spongieuses et romantiques dans le rock, le montage tient du plus génial mauvais goût des collages surréalistes belges de l’époque Nougé, c’est-à-dire qu’aucun moyen technique n’est contrôlé par des spécialistes, mais au contraire méprisé, écrasé, violenté, démoli par une improvisation, une intuition, une générosité, un sens du risque, continuels. C’est à n’y pas croire tant c’est beau. Dire qu’on en a le souffle coupé serait peu. » Alain Jouffroy, Opus International