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René Clément

 
 

René Clément

(France, 1913 – 1996)

 

« Né en 1913 à Bordeaux et mort en 1996 à Monaco, René Clément tourne une quinzaine de courts métrages avant de tourner son premier long métrage, La Bataille du rail, en mars et avril 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale n’est pas encore terminée. Cette saisissante chronique de la résistance des cheminots français pendant l’Occupation (transports du courrier, sabotages…) mêle deux employés de la SNCF et acteurs professionnels autour de Camargue et de son réseau Résistance Fer. Souvent prise pour un documentaire, cette fiction brille non par son exhaustivité historique (elle célèbre la Résistance française mais laisse de côté les convois organisés par les nazis sur des lignes SNCF) mais par son sens du détail, et son montage cut qui rappelle le documentaire soviétique à la Eisenstein ou Vertov. Cette précision également à l’œuvre dans Le Père tranquille (1946) est servie par la photographie du grand chef-opérateur Henri Alekan (qui a signé l’image de La Belle et la Bête de Jean Cocteau, dont René Clément a été l’assistant). Le raffinement photographique restera la marque de René Clément, parfois assimilé au néoréalisme de la première période de Luchino Visconti ou du maître Roberto Rossellini. Immense succès à sa sortie, Jeux interdits relate en 1952 le parcours de deux enfants pendant la guerre, peut-être au prix d’un malentendu entre René Clément et le public : la France de l’après-guerre voit une poésie de l’enfance mais le ton du réalisateur est porteur d’une cruauté et d’une sécheresse parfois ignorée par les spectateurs. Clément y "renvoie dos à dos le pessimisme et l’humanisme pour leur substituer un amour absurde, irréductible à toute morale, entre l’enfance et la mort". Le regard distancé de Clément envers des personnages qui sont souvent des antihéros (les nazis en fuite des Maudits, 1947) pourrait être qualifié de comportementaliste : il filme des protagonistes parfois déconnectés de leurs propres motivations, qui se débattent avec une Loi leur restant extérieure, indifférente (le don juan joué par Gérard Philipe dans Monsieur Ripois, 1954). Cet aspect culmine avec Plein Soleil, qui marque en 1960 à la fois l’apogée de son œuvre et sa dernière réussite – même si la fresque historique Paris brûle-t-il, à nouveau située pendant l’Occupation, marque les esprits en 1966 et permet au cinéaste de retrouver Alain Delon. »

MyFrenchFilmFestival.com, janvier-février 2015

 

FILMOGRAPHIE César chez les Gaulois (coréal. Maurice Clément, cm, animation, 1931) - Évasion (cm, 1935) - Soigne ton gauche (cm, 1936) - La Symphonie française du travail (cm, 1937) – Occitanie, terre d’Aude (cm, 1937) – L’Arabie interdite (mm, doc, 1938) - La Grande Chartreuse (cm, 1938) - Paris la nuit (cm, 1939) - La Bièvre, fille perdue (cm, doc, 1939) - Le Triage (cm, 1940) - Toulouse (cm, 1940) - Chefs de demain (cm, 1941) - Ceux du rail (cm, doc, 1942) - La Grande Pastorale (cm, doc, 1942) - Paris sous la botte (cm, 1944) - La Bataille du rail (1946) - Le Père tranquille (1946) - Les Maudits (1947) - Au-delà des grilles Le Mura di Malapaga (1949) - Le Château de verre (1950) - Jeux interdits (1952) - Monsieur Ripois Knave of Hearts (1954) - Gervaise (1956) - Barrage contre le Pacifique This Angry Age (1957) - Plein Soleil In pieno sole (1960) - Quelle joie de vivre Che gioia vivere (1961) - Le Jour et l’Heure Il Giorno e l’Ora (1962) - Les Félins (1964) - Paris brûle-t-il ? (1966) - Le Passager de la pluie (1969) - La Maison sous les arbres (1971) - La Course du lièvre à travers les champs (1972) - La Baby-sitter (1975)