Musique et cinéma

Festival 2016

 
 

Rencontre musicale avec Michel Legrand et Agnès Varda

autour de Cléo de 5 à 7

Cent cinquante longs métrages, trois Oscars, des collaborations en avalanche avec Ray Charles, Miles Davis ou Orson Welles : Michel Legrand est l’un des compositeurs français les plus célèbres au monde. Son berceau cinématographique, c’est évidemment la Nouvelle Vague, une période de liberté, « d’imagination au pouvoir » selon ses propres termes. Ces années d’effervescence, il les partage avec Jean-Luc Godard, Chris Marker, Jacques Demy et… Agnès Varda. Dans Lola, premier long métrage de Jacques Demy, c’est Agnès Varda qui signe les paroles de la Chanson de Lola mise en musique par Michel Legrand. Un an plus tard, le binôme se reforme pour Cléo de 5 à 7 : une heure et demie en temps réel dans la vie d’une femme, à raconter en musique et en chansons. D’autant que Cléo est chanteuse : il faut lui construire un répertoire. Agnès Varda demande même à Michel Legrand d’incarner Bob, le compositeur de Cléo, dans une séquence d’audition-répétition devenue iconique. « Moi, le compositeur », résume Legrand, « me voilà à l’écran dans un rôle de non-composition. Au-delà de cette apparition clin d’œil, j’aime le paradoxe de Cléo de 5 à 7, fi lm si léger et si grave, à mon sens l’un des plus aboutis d’Agnès. » Cinquante-cinq ans plus tard, Agnès Varda et Michel Legrand se retrouvent à La Rochelle, de cinq à sept, pour présenter Cléo.

Stéphane Lerouge

« Cléo de 5 à 7, c’est un portrait de femme inscrit dans un documentaire sur Paris, mais c’est aussi un documentaire sur une femme et l’esquisse d’un portrait de Paris. De la superstition à la peur, de la rue de Rivoli au café du Dôme, de la coquetterie à l’angoisse, de Vavin à la gare du Maine, de l’apparence à la nudité, du parc Montsouris à La Salpêtrière, Cléo découvre, un peu avant de mourir, la couleur étrange du premier jour de l’été, où la vie devient possible. »

« Michel Legrand a toujours gardé le désir de s’amuser. Il veut tout essayer, jouer du jazz et du classique, jouer avec ses propres thèmes, les variationner, chanter, mettre en scène un film, et même jouer à faire l’acteur dans Cléo. À mon sens, Michel est un grand compositeur d’entertainment, comme disent les Américains, doublé d’une capacité étonnante pour écrire des thèmes romantiques populaires. Pour plaisanter, Jacques Demy et moi disions souvent :“Comme le deuil sied à Électre, le succès sied à Legrand.” »

Agnès Varda


Newsletter

Restez informés pendant le festival et durant toute l'année

Dernières vidéos

Facebook